Trônant au centre du gazon, une sculpture de forme ellipsoïdale a pris possession des lieux. Elle aimante tous les regards, réverbérant à la fois le bleu du ciel et le vert profond de la pelouse. Intitulé Never Mind, ce véritable ovni est signé Richard Deacon, qui a littéralement parsemé de ses oeuvres en acier le parc du Middelheim, ce magnifique musée de sculptures en plein air aux ...

Trônant au centre du gazon, une sculpture de forme ellipsoïdale a pris possession des lieux. Elle aimante tous les regards, réverbérant à la fois le bleu du ciel et le vert profond de la pelouse. Intitulé Never Mind, ce véritable ovni est signé Richard Deacon, qui a littéralement parsemé de ses oeuvres en acier le parc du Middelheim, ce magnifique musée de sculptures en plein air aux abords d'Anvers. Plus loin, au détour de bosquets dans lesquels elle se niche, Infinity, une suite de nuages métalliques posés à la verticale, englobe ciel et terre. Leur répondent indirectement les stèles en forme de mégalithes de la série des Customs. Faites en acier inoxydable, toutes ces surfaces sont pourtant traitées de façon différente, polies ou martelées, les unes réfléchissant la lumière, les autres l'absorbant, engageant un rapport différent avec leur environnement immédiat, tout comme avec le regard du visiteur. Né en 1949 à Bangor au pays de Galles, Richard Deacon ne se limite pas pour autant au métal mais n'a de cesse d'expérimenter d'autres matériaux - quelques sculptures en bois sont là pour en témoigner - jouant des vides et des pleins, de leur fragilité comme de leur densité, affirmant ou défiant les lois de la gravité. Il a également abordé la céramique dans un étonnant répertoire de formes ambivalentes, engageant pour leur part un subtil rapport à la couleur. Toujours, l'artiste interroge le point d'équilibre des matériaux qu'il utilise, possédant cette capacité rare d'infléchir une souplesse quasi organique aux matières a priori rigides qu'il manipule. Par cette opération, il donne à ses sculptures une identité spécifique, en réussissant ce paradoxe de ne jamais épuiser son travail tout en expérimentant ses potentialités à leurs limites, celles de la cohérence d'une oeuvre. Some Time, Richard Deacon, Anvers, Middelheim Museum, jusqu'au 24 septembre prochain. www.middelheimmuseum.be Par Bernard Marcelis