Ixelles est une des communes qui ont le plus évolué ces dernières années, jusqu'à prendre récemment la tête du classement des entités bruxelloises les plus onéreuses. Un phénomène que ne s'explique pas vraiment le géomètre expert Gérard Schmit. Certes, son bâti, datant pour beaucoup des années 1895 à 1905, fait la part belle aux vieilles bâtisses de charme. Voire aux maisons de maître cossues dans certains quartiers. Mais, n'est-ce pas aussi le propre de Schaerbeek ou de Saint-Gilles ? De même, Ixelles est prisée des eurocrates, qui colonisent le quartier du Châ...

Ixelles est une des communes qui ont le plus évolué ces dernières années, jusqu'à prendre récemment la tête du classement des entités bruxelloises les plus onéreuses. Un phénomène que ne s'explique pas vraiment le géomètre expert Gérard Schmit. Certes, son bâti, datant pour beaucoup des années 1895 à 1905, fait la part belle aux vieilles bâtisses de charme. Voire aux maisons de maître cossues dans certains quartiers. Mais, n'est-ce pas aussi le propre de Schaerbeek ou de Saint-Gilles ? De même, Ixelles est prisée des eurocrates, qui colonisent le quartier du Châtelain et, dans une moindre mesure, Flagey et une partie de Matongé (rue Saint-Boniface, place de Londres, intérieurs d'îlots de la chaussée de Wavre...). Mais c'est surtout Etterbeek qui est, en la matière, leur place to be. Le raisonnement vaut aussi pour les Français, nombreux autour des belles avenues Brugmann, Molière, Louis Lepoutre et consorts, mais dont le QG est et reste Uccle, pour son lycée français entre autres. Peut-être la clé du succès d'Ixelles se trouve-t-elle tout simplement dans le fait que la commune plaît à plusieurs profils de candidats acquéreurs fortunés ? Et à un public jeune et " bobo ", qui achève de rendre trendy ses derniers quartiers encore (relativement) abordables. Ainsi des environs de la place Flagey, longtemps boudés, et dont la valeur a littéralement explosé en quelque dix à quinze ans. " Dans les années 1980, on pouvait y trouver une maison (à rénover) pour l'équivalent de 25 000 euros, assure Gérard Schmit. Aujourd'hui, pour le même bien (rénové), il faut débourser... 700 000 euros ! " Soit près de 30 fois la mise, tout de même. Il faut dire que les autorités communales ont beaucoup investi pour embellir l'espace public, ajoute le géomètre, épinglant l'exemple de la rue Félix Bovie. " C'était un taudis, à l'époque, puis, avec les années, sa cote est remontée. " Et d'ajouter que, de manière générale, Ixelles est prise dans une vague de rénovation - " chaque fois qu'un immeuble change de mains, ses nouveaux propriétaires y font des travaux ", acquiesce-t-il. Ou faudrait-il parler de... gentrification ? Toujours est-il que, d'après Gérard Schmit, certains coins, voire bouts de rue, n'ont pas encore été pris dans l'engrenage et affichent des prix plus doux : la rue Malibran et ses perpendiculaires, à Flagey ; le coeur de Matongé, où les prix passent du simple au double d'une rue à l'autre ; le Vieux Tilleul (quartier Université), autour du square éponyme, construit dans les années 1980-1990 et prisé des jeunes ménages. Autre atout notoire, la présence de deux universités (ULB et VUB) brassant leur lot d'investisseurs spécialisés dans le logement étudiant, pression sur les prix à la clé.UN DOSSIER DE FRÉDÉRIQUE MASQUELIERIxelles est prisée des eurocrates, qui colonisent le quartier du Châtelain et Flagey