Ce n'est pas un scoop, les hôpitaux ont souffert de la crise sanitaire qui les a poussés dans leurs derniers retranchements. Genoux à terre. Mais pas terrassés. Le secteur des soins a résisté à deux vagues pandémiques très sévères, et il en ressort sans doute grandi, avec cependant de lourds stigmates, un personnel épuisé et de nombreuses leçons à tirer. Mais qu' en pensent les patients, eux qui ont été aussi bousculés depuis mars 2020? L' image des hôpitaux a-t-elle souffert? L' Association belge des hôpitaux (ABH), rebaptisée depuis peu Hospitals.be, a voulu le savoir en faisant réaliser un sondage fouillé auprès d'un large échantillon de Belges.
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Ce n'est pas un scoop, les hôpitaux ont souffert de la crise sanitaire qui les a poussés dans leurs derniers retranchements. Genoux à terre. Mais pas terrassés. Le secteur des soins a résisté à deux vagues pandémiques très sévères, et il en ressort sans doute grandi, avec cependant de lourds stigmates, un personnel épuisé et de nombreuses leçons à tirer. Mais qu' en pensent les patients, eux qui ont été aussi bousculés depuis mars 2020? L' image des hôpitaux a-t-elle souffert? L' Association belge des hôpitaux (ABH), rebaptisée depuis peu Hospitals.be, a voulu le savoir en faisant réaliser un sondage fouillé auprès d'un large échantillon de Belges. Cela n'a pas été sans mal. En raison du coronavirus. L' enquête avait été initialement programmée au printemps 2020, mais la pandémie a éclaté, obligeant l'association à rebattre les cartes. "Finalement, la crise sanitaire s'installant dans la durée, on s'est dit qu'on allait malgré tout le faire, explique Jean Stoefs, de l'Association des hôpitaux. Le sondage a été réalisé en mai dernier, considérant qu'on avait déjà un peu de recul par rapport à la Covid." Et c'était bien joué. Car cela permettait aussi de se rendre compte de l'impact que le virus pouvait avoir sur l'hôpital aux yeux des patients. Il s'agit d'une première édition appelée à se renouveler tous les deux ans. Hospitals.be reconnaît avoir ratissé large dans ses questions. Il faut dire que la cartographie qui en ressort est très détaillée, portant sur tous les aspects de l'hôpital, tant la qualité des soins que l'accueil, l'hygiène, les règles de visite, la communication, l'accessibilité, les infrastructures, le coût, l'innovation médicale et même les fusions d'établissements. Et ce, en matière de consultations, d'hospitalisations et des séjours ambulatoires. Nous en avons extrait la substance (1). Le moins qu' on puisse dire est que, même s'il n'est pas exempt de critiques, le vaisseau a plutôt bien résisté à la tempête, mieux même que ce à quoi on pouvait s' attendre. Hospitals.be avoue avoir supputé que les résultats seraient loin d'être mauvais. Car il y a eu une vraie vague de soutien de la population envers les hôpitaux et leur personnel, même si les infirmiers n'ont été applaudis qu'un temps, même si quelques esprits entortillés ont tenté de faire croire que les reportages dans les unités Covid n'étaient que des fake news. Mais la satisfaction globale s'avère très élevée, au-delà des attentes. Première surprise. Il reste néanmoins de nombreux points à améliorer, si l'on en croit l'enquête. A commencer par le système de rendez-vous pour une consultation ou un examen, dont les délais sont trop longs et qui, au début de la pandémie, ont souvent été reportés. La communication aussi, les explications fournies sur la pathologie, en particulier lors d'une opération. Le manque de transparence des coûts est également pointé. Et puis, il y a des différences d'appréciation entre patients flamands, wallons et bruxellois, qui ne bénéficient pas d'un même niveau de modernité hospitalière ni d'une même proximité avec les établissements de soins. Bref, l'enquête est riche d'enseignements et tombe à pic en ces moments de réflexion sur l'hôpital de demain.