C'est peut-être un détail pour vous, mais pour les patrons de chaîne, ça veut dire beaucoup. Debout à la manière d'une maîtresse d'école, assis une fesse sur le pupitre, en bras de chemise, en blue jeans... L'homme-tronc du JT a bien changé, ces derniers mois. Objectif de cette mue relax généralisée (même Claire Chazal s'y est mise, au demi-postérieur sur le coin de table): éviter le zapping, à l'heure de la grand-messe. Une case d'autant plus stratégique pour les chaînes que c'est là, particulièremen...

C'est peut-être un détail pour vous, mais pour les patrons de chaîne, ça veut dire beaucoup. Debout à la manière d'une maîtresse d'école, assis une fesse sur le pupitre, en bras de chemise, en blue jeans... L'homme-tronc du JT a bien changé, ces derniers mois. Objectif de cette mue relax généralisée (même Claire Chazal s'y est mise, au demi-postérieur sur le coin de table): éviter le zapping, à l'heure de la grand-messe. Une case d'autant plus stratégique pour les chaînes que c'est là, particulièrement en Belgique francophone, qu'elles réalisent leurs audiences les plus plantureuses. Les explications du succès jamais démenti de ce rituel de début de soirée sont multiples. La plus plausible étant qu'à la différence de la fiction et du divertissement, pouvant être consommés sur la Toile (en particulier par les plus jeunes), le journal télévisé se déguste encore en direct. Avec un téléspectateur qui a la sensation que sous c'est yeux, c'est le monde qui se déploie en live. Question vibration émotionnelle, on n'a pas encore trouvé mieux. M6 l'a bien compris: l'ex-petite chaîne qui monte a lancé son propre JT le 7 décembre dernier à 19 h 45, avec une présentatrice, Claire Barsacq, sapée comme une collégienne, déambulant debout (forcément) en studio, pour un style pédagogique détendu. Le même jour, sur la Une à 13 heures, Sébastien Nollevaux succédait à un Thierry Bellefroid prié de retourner à ses chères lectures. Dégaine de la nouvelle star du JT de la mi-journée: digne d'un GO du Club Med, ou presque. La cravate au placard, le jeans sur les fesses, la posture évolutive et le ton convivial pour un mot d'ordre: dé-con-trac-tion! Bilan de la stratégie: des scores mollassons, tant du côté de M6 que de la RTBF. TF1 aussi, a de plus en plus de mal à maintenir à une distance respectable son concurrent de France 2. Sur la TNT française (télévision numérique terrestre), NRJ 12, de son côté, a carrément décidé de suspendre pour quelques semaines le JT (intitulé 12 infos - et pas une de plus (sic)) qu'elle avait lancé en mai dernier... pour le relancer différemment en 2010 puisque sa formule " jeune et jolie journaliste toute en jambes " n'a manifestement pas séduit. L'info les mains dans les poches n'a pas (encore?) eu l'effet escompté... Tandis que RTL TVI, d'un classicisme absolu dans sa forme, truste encore et toujours les sommets des classements d'audience. Myriam LeroyLa cravate au placard, le jeans sur les fesses, la posture évolutive et le ton convivial pour un mot d'ordre: dé-con-trac-tion!