Pour trouver une chambre d'hôtel à Liège, il faut se lever tôt ! Car l'offre est des plus limitées : à peine un millier de chambres à travers toute la ville, site de l'aéroport de Bierset compris. La poule aux £ufs d'or pour les promoteurs ? Certains ont en tout cas saisi la balle au bond. Pierre Berryer est de ceux-là. Mais, plutôt que de construire un hôtel sur une parcelle vide, il a préféré se tourner vers le patrimoi...

Pour trouver une chambre d'hôtel à Liège, il faut se lever tôt ! Car l'offre est des plus limitées : à peine un millier de chambres à travers toute la ville, site de l'aéroport de Bierset compris. La poule aux £ufs d'or pour les promoteurs ? Certains ont en tout cas saisi la balle au bond. Pierre Berryer est de ceux-là. Mais, plutôt que de construire un hôtel sur une parcelle vide, il a préféré se tourner vers le patrimoine. L'hôtel Selys-Longchamps, situé rue Mont-Saint-Martin, n'attendait que cela... L'édifice du xviie siècle était à l'abandon depuis 1948. " Les 16 précédents propriétaires n'ont rien trouvé à y faire ", assure l'intéressé. Inutile de préciser que l'immeuble, partiellement classé, était en piteux état. L'homme d'affaires liégeois a choisi d'y installer un hôtel 5 étoiles, le marché étant avide de ce type d'établissement de luxe, inexistant jusque-là dans la Cité ardente. Pour concrétiser son projet, il a acquis l'immeuble voisin, l'hôtel des comtes de Méan, également remarquable par son architecture du xviiie siècle et quasi inexploité. L'exploitation a été agrandie par l'arrière, dans les jardins en contrebas, sur le site classé du Publémont, une zone historique de la ville. "C'était la seule solution pour revaloriser le patrimoine qui tombait en ruine, tout restant économiquement viable ", précise Pierre Berryer. Les opposants ont fait entendre leur voix. Les archéologues de la Commission des bâtiments et sites ont fouillé le terrain durant plusieurs mois, avant de laisser place à la construction. Et l'opposition s'est éteinte. Pour concrétiser le projet, Pierre Berryer s'est associé à l'investisseur Olivier Martin. Coût global de l'intervention : 28, 5 millions d'euros, dont 15 % à charge des pouvoirs publics. L'été dernier, le premier a retiré ses billes pour travailler sur d'autres dossiers, comme celui de la Grand-Poste. Et aujourd'hui, l'hôtel de 126 chambres proposant restaurant panoramique et salles de séminaires sur 13 000 m2 en est au stade du parachèvement. Il devrait accueillir ses premiers clients à la fin de l'année, sous l'enseigne Crowne Plaza. A.-C.D.B.