L'année 2016 avait été particulièrement cruelle en abrégeant la vie de très nombreux artistes de cinéma. 2017 l'aura certes été un peu moins, mais beaucoup d'acteurs et d'actrices, de cinéastes aussi, sont passés dans le grand hors-champ dont on ne revient pas... Avec 100 ans et 110 films (sur huit décennies !), Danielle Darrieux était une doyenne admirée, une star souvent filmée par Henri Decoin (son premier mari) mais magnifiée surtout par Max Ophüls (Le Plaisir, Madame de...), Claude Autant-Lara (Le Rouge et le Noir) et Jacques Demy (Les Demoiselles de Rochefort). Voici une dizaine d'années, un beau documentaire lui avait été consacré. Danielle Darrieux - une vie de cinéma était réalisé par Anne Wiazemsky, elle-même décédée en octobre. Ecrivaine sen...

L'année 2016 avait été particulièrement cruelle en abrégeant la vie de très nombreux artistes de cinéma. 2017 l'aura certes été un peu moins, mais beaucoup d'acteurs et d'actrices, de cinéastes aussi, sont passés dans le grand hors-champ dont on ne revient pas... Avec 100 ans et 110 films (sur huit décennies !), Danielle Darrieux était une doyenne admirée, une star souvent filmée par Henri Decoin (son premier mari) mais magnifiée surtout par Max Ophüls (Le Plaisir, Madame de...), Claude Autant-Lara (Le Rouge et le Noir) et Jacques Demy (Les Demoiselles de Rochefort). Voici une dizaine d'années, un beau documentaire lui avait été consacré. Danielle Darrieux - une vie de cinéma était réalisé par Anne Wiazemsky, elle-même décédée en octobre. Ecrivaine sensible et actrice chez Bresson (Au hasard Balthazar) puis Godard (La Chinoise, entre autres) dont elle fut l'égérie, cette dernière est apparue récemment sous les traits de Stacy Martin dans Le Redoutable, de Michel Hazanavicius. Wiazemsky avait aussi joué le personnage de George Sand, en 1969, dans George qui ?, de Michèle Rosier, partie en avril à 86 ans... Emmanuelle Riva s'en est aussi allée, elle qui fut sublime de Hiroshima mon amour (Resnais, 1959) au bouleversant Amour de Michael Haneke, en 2013, avec un César à la clé.La disparition de Mireille Darc a ému, son image de blondeur et d'esprit restera tant que seront repris Les Barbouzes etLe Grand Blond avec une chaussure noire. La brune italienne Elsa Martinelli revivra tant que seront programmés Hatari ! de Howard Hawks et Le Procès d'Orson Welles. Eleonore Hirt hantera toujours pour sa part les images de Vie privée (Malle), de La Nuit des généraux (Litvak) et de Préparez vos mouchoirs (Blier). Et l'Israélienne Daliah Lavi enflammera pour toujours les projections d'un James Bond d'exception : Casino Royale... Les adieux de Jean Rochefort, le 9 octobre, nous privent d'un comédien magnifique, à l'élégance et à l'excentricité superbes, dont nous reverrons avec grand plaisir Le Mari de la coiffeuse, Un éléphant ça trompe énormément, Tandem et Ridicule (pour ne citer queceux-là). Claude Rich était lui aussi un acteur considérable, brillant jeune chez Mocky (Les Compagnons de la marguerite) ou Lautner (Les Tontons flingueurs) puis à l'âge mûr dans Le Souper (Molinaro) et les films de Bruno Podalydès. Robert Hirsch (Martin soldat), Victor Lanoux (Nous irons tous au paradis) et Jean-Marc Thibault (De sueur et de sang) ne seront pas oubliés. La Camarde a frappé dur chez les acteurs américains, emportant avec elle les merveilleux Martin Landau (North by Northwest, Ed Wood, Crimes and Misdemeanors), le rustique Harry Dean Stanton (Paris, Texas) et le charismatique Sam Shepard (The Right Stuff). Et aussi John Heard (Cutter's Way), Powers Boothe (The Emerald Forest), Bill Paxton (Apollo 13) et Miguel Ferrer (la série Twin Peaks). Et si les fans de James Bond pleurent Roger Moore, des larmes de rire viennent aux yeux de ceux du grand Jerry Lewis. Devant comme derrière la caméra, la très grande dame qu'était Jeanne Moreau laisse un souvenir ébloui. Et repasse dans nos têtes la ritournelle du Tourbillon de la vie extraite du Jules et Jim de Truffaut... D'autres cinéastes ont passé l'arme à gauche, dont le transgressif Seijun Suzuki (La Marque du tueur), les inclassables Jonathan Demme (Philadelphia) et Ulli Lommel (Cocaine Cowboys), sans oublier Giorgio Capitani (Je hais les blondes), Mahmoud Zemmouri (Prends 10 000 balles et casse-toi), Alain Jessua (Traitement de choc). Trois disparitions désolent, enfin, les amateurs de films d'horreur : celles de Tobe Hooper (The Texas Chainsaw Massacre), Umberto Lenzi (Cannibal Ferox) et George A. Romero (Night of the Living Dead). Ce dernier, spécialiste des films de zombies, n'ayant peut-être pas dit son dernier mot...