On les croise régulièrement au pied du Lion de Waterloo, mais ils voyagent à travers toute l'Europe. Ils aiment les uniformes de l'époque napoléonienne. On les appelle les reconstitueurs, parce qu'ils reconstituent, dans les moindres détails, l'histoire dont ils raffolent. Pour autant, ils ne se prennent pas au sérieux.
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On les croise régulièrement au pied du Lion de Waterloo, mais ils voyagent à travers toute l'Europe. Ils aiment les uniformes de l'époque napoléonienne. On les appelle les reconstitueurs, parce qu'ils reconstituent, dans les moindres détails, l'histoire dont ils raffolent. Pour autant, ils ne se prennent pas au sérieux. Gérard Bourlier est un des leurs. Mieux connu dans le milieu sous le nom de " lieutenant Lacharge " -" J'adore crier : Chargez ! " avoue-t-il -, l'élégant sexagénaire participe chaque année à six ou sept reconstitutions grandeur nature. Des batailles napoléoniennes reproduites in situ. Mais aussi des épisodes fictifs, pour varier les plaisirs. Les uniformes de ces orfèvres de l'histoire, reproduits fidèlement jusqu'au dernier bouton de culotte, font l'objet d'une attention maniaque. Pour coller un maximum à la réalité de l'époque, les reconstitueurs s'échangent sur Internet toutes les informations nécessaires à la confection de leur attirail. Des couturières spécialisées sont ensuite mises à contribution pour réaliser les habits des soldats napoléoniens. " Pour l'équipement complet, comptez entre 2 000 et 4 000 euros, indique Gérard Bourlier. Mais cela peut monter beaucoup plus haut pour un uniforme d'officier ou de maréchal d'empire. "Le "lieutenant Lacharge" fait partie du deuxième régiment de dragons. Ce régiment de cavalerie de ligne, créé en 1635, fait toujours partie de l'armée française. A l'époque napoléonienne, son rôle polyvalent, à mi-chemin entre la cavalerie lourde et la cavalerie légère, lui permettait d'effectuer des reconnaissances à cheval, mais aussi de combattre à pied. Armés d'un sabre et d'un fusil - certains en possèdent d'authentiques qu'ils sortent occasionnellement -, les dragons s'entraînent régulièrement à la course de têtes, au cours de laquelle des choux-fleurs plantés sur des piquets sont décapités. " Il y a un côté ludique à ce hobby, qui se rapproche des jeux de rôle, et qui me prend beaucoup de temps -trop selon ma femme, commente le lieutenant. Mais c'est une activité très complète, qui nous permet tout d'abord d'explorer l'histoire. Nous sommes fascinés par Napoléon, un personnage complexe par ses bons et ses mauvais côtés. Au-delà de ça, nous formons également un groupe sympathique. Lorsque nous organisons une reconstitution, nous combattons l'adversaire pendant la journée mais, le soir, nous nous retrouvons tous autour d'un bon repas. " Mitonné dans une marmite en cuivre comme au bon vieux temps, cela va sans dire. La reconstitution n'est pas un hobby local : il s'exporte. Un important réseau de reconstitueurs s'est formé au fil du temps, aux Etats-Unis comme en Europe. En 2006, pour le bicentenaire de l'entrée de l'empereur à Berlin, plus de 40 000 personnes s'étaient massées à la porte de Brandebourg pour voir défiler les reconstitueurs. Prochaine étape : Porto, en mai, où le régiment s'en donnera à c£ur joie lors de la reconstitution de l'invasion du Portugal par les troupes de Napoléon. Informations : www.2dragons.be G. Q.