Résolument plus petite que ses deux rivales, la Game Cube de Nintendo tient plus du jouet à destination des jeunes enfants que de la console de dernière génération. Manette en main, après dix minutes de gesticulation l'impression s'estompe. Alors que sur le papier ses caractéristiques techniques la laissent loin derrière ses deux adversaires, la nouvelle venue se révèle plus impressionnante que prévu.
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Résolument plus petite que ses deux rivales, la Game Cube de Nintendo tient plus du jouet à destination des jeunes enfants que de la console de dernière génération. Manette en main, après dix minutes de gesticulation l'impression s'estompe. Alors que sur le papier ses caractéristiques techniques la laissent loin derrière ses deux adversaires, la nouvelle venue se révèle plus impressionnante que prévu.Pour faire simple et sans entrer dans les détails techniques, qui ne présentent finalement qu'un intérêt théorique (nombreux sont les programmes qui n'utilisent jamais tout le potentiel des consoles), on peut d'ores et déjà dire que la vingtaine de jeux exhibés durant la soirée de présentation affichent des similitudes qui les placent ex aequo avec les meilleurs titres de la PlayStation 2. La jouabilité est maximum, les graphismes ne manquent pas d'attrait et s'affichent sans saccade. Preuve qu'il n'est pas besoin, comme la Xbox, d'afficher 125 millions de polygones par seconde pour jouer dans la cour des grands. Un mot à prendre dans les deux sens du terme. Avec ses précédentes consoles, Nintendo drainait un public jeune situé assez loin du hardcore gamer. On s'attendait donc à des jeux destinés aux préadolescents, dans la veine des Mario, Donkey Kong, Pokémon, Sonic et consorts. Si ces légendes du jeu vidéo sont bien présentes dans le catalogue, d'autres titres touchent un plus large public. Ainsi, Eternal Darkness, un jeu d'aventure gothique; Roque Leader, une simulation/arcade dans l'univers de Star Wars ou Pikmin, un jeu de stratégie... devraient dépasser le cercle des inconditionnels de la marque. Un cercle qui a permis à Nintendo d'écouler un peu plus de 4 millions d'unités aux Etats-Unis et au Japon où la console est disponible depuis l'automne dernier. En Europe, la partie s'annonce autrement plus serrée. Devant l'échec commercial de la Xbox, Microsoft a décidé d'aligner le prix de sa console sur celui de la PlayStation 2. Résultat: depuis le 26 avril, la Xbox se vend aux alentours des 300 euros. Moins 200 euros en 44 jours seulement ! La diminution frise la démence. Microsoft ne nous avait-il pas annoncé qu'à 500 euros, il vendait déjà sa console à perte? A croire qu'il n'y a pas de stratège dans l'équipe de Redmond. A voir! Une semaine avant la sortie de la Game Cube, n'est-ce pas justement un moment judicieux pour tenter de porter un coup fatal à la concurrence ? Nintendo, ne s'en laisse cependant pas compter. Alors que la cube était annoncée au - soi-disant - prix plancher de 250 euros (cela fait des mois que la société communique sur ce prix), ne voilà-t-il pas que le géant nippon nous annonce un nouveau prix de vente oscillant entre 199 et 209 euros. Toutes ces gesticulations, que l'on pourrait croire intéressantes pour les seuls joueurs, soulignent bien l'importance capitale, pour les ténors du loisir virtuel, de s'imposer dans nos salons. Une fois leurs appareils bien implantés, ils pourront alors commercialiser d'autres services (Internet) dont les bénéfices, ajoutés à ceux dégagés par la vente des programmes et des accessoires, viendront gonfler leurs escarcelles déjà bien remplies. Sans être un des acheteurs de la première heure (dans le cas de la Xbox, ceux-ci se voient offrir par Microsoft une manette et deux jeux "gratuits"), de telles diminutions de prix donnent furieusement l'impression d'être pris, le reste du temps, pour pigeon, non?Informations: www.nintendogamecube-europe.comVincent Genot