L'armée israélienne a répondu à la " marche du grand retour ", organisée le vendredi 30 mars en cinq points de la zone frontalière entre Gaza et Israël, par une implacable répression qui a fait 18 morts et de nombreux blessés côté palestinien. Ce rassemblement de dizaines de milliers de Gazaouis s'inscrivait dans le cadre d'u...

L'armée israélienne a répondu à la " marche du grand retour ", organisée le vendredi 30 mars en cinq points de la zone frontalière entre Gaza et Israël, par une implacable répression qui a fait 18 morts et de nombreux blessés côté palestinien. Ce rassemblement de dizaines de milliers de Gazaouis s'inscrivait dans le cadre d'une campagne de mobilisation pour le droit au retour des Palestiniens expulsés en 1948, au moment de l'indépendance d'Israël, et la restitution de leurs biens. Elle doit durer six semaines et prendre fin le 15 mai au lendemain du 70e anniversaire de la création de l'Etat hébreu, qui correspond à la Nakba (" catastrophe ") pour les Palestiniens. C'est aussi à cette échéance qu'est prévu le transfert de l'ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, ce qui exacerbe un peu plus les tensions cette année. La plupart des manifestants sont restés à l'écart de la frontière avec Israël en deça d'une zone tampon fixée par l'armée israélienne. Comment expliquer dès lors un aussi lourd bilan ? Israël assure que 10 des 18 victimes étaient des membres de groupes armés du Hamas, au pouvoir à Gaza, du Djihad islamique et des Brigades des martyrs d'al-Aqsa et que Tsahal a répliqué à des tentatives d'infiltration. Les Palestiniens dénoncent un usage disproportionné de la force, arguant le déploiement de 100 tireurs d'élite et la volonté des militaires et du gouvernement israéliens de réprimer sans retenue la manifestation. " En cas de danger mortel, il y a autorisation d'ouvrir le feu ", avait averti le chef d'Etat-major israélien Gadi Eizenkot. L'armée israélienne n'a pourtant dénombré aucun blessé.