Que peut-il y avoir de commun entre le travail chorégraphique d'Olga de Soto, de Johanne Saunier et d'Enzo Pezzella? C'est la question que pose le théâtre Les Tanneurs en proposant une affiche "danse" répartie en trois fois deux moments chorégraphiques. Toute démarche de création étant, par essence, singulière, partons à la découverte de leur univers propre. "Nous travaillons, effectivement, sur des bases différentes", répond sagement le chorégraphe, danseur et philosophe Enzo Pezzella.
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Que peut-il y avoir de commun entre le travail chorégraphique d'Olga de Soto, de Johanne Saunier et d'Enzo Pezzella? C'est la question que pose le théâtre Les Tanneurs en proposant une affiche "danse" répartie en trois fois deux moments chorégraphiques. Toute démarche de création étant, par essence, singulière, partons à la découverte de leur univers propre. "Nous travaillons, effectivement, sur des bases différentes", répond sagement le chorégraphe, danseur et philosophe Enzo Pezzella. ?uvrant à l'écart des modes et des structures institutionnelles, ce Napolitain original et inclassable reprendra Parte no mea, son premier spectacle en solo, qui est pourtant sa septième chorégraphie. L'oeuvre, inspirée de l'histoire de Pinocchio, fut déjà présentée aux Brigittines, à Bruxelles, mais elle sera ici quelque peu modifiée, dans l'ordonnance et la conception des divers tableaux qui la composent. Comme dans le roman de Carlo Collodi, Enzo Pezzella donne chair à la marionnette en rébellion, en jouant sur la double nature du personnage. Cependant, si, chez Collodi, Pinocchio se détourne du rêve, en rejetant la dépouille de la marionnette, le chorégraphe-danseur lui offre un destin plus poétique et nettement plus lyrique. Rupture et fluidité se combinent ou alternent au sein d'une sorte de castelet coloré de draperies vives et dans lequel Enzo Pezzella développe un parcours essentiel et d'une intensité irradiante. Un "arte povera" magique et hors normes, à ne pas manquer. Atmosphères musicalesEntrée en chorégraphie en 1998, après douze années comme danseuse dans la compagnie Rosas, Johanne Saunier donnera Landscape With 4 Figures, un spectacle où le rêve se conjugue à la musique - un quatuor de Philippe Boesmans. Un écran suspendu divise un ciel nuageux, tandis que, sur la scène, quatre danseuses évoquent les différentes phases du sommeil, avec leur logique et leurs paradoxes. Si Landscape With 4 Figures demeure quelque peu hermétique, la partie la plus lisible réside dans le jeu fort intéressant du musicien intégré dans la chorégraphie. Garth Knox, qui a longtemps fait partie du quatuor Arditti, y joue de la viole d'amour. Sur cet instrument, il improvise un accompagnement sonore épousant les climats de ce paysage mental en mouvement. Par ailleurs, il ajoute une cinquième partie au quatuor, à la fois à celui des danseuses et à celui, enregistré, de Philippe Boesmans. Ce musicien fait le lien entre Johanne Saunier et Olga de Soto. Comme sa consoeur, Olga de Soto est inspirée par la musique contemporaine et a également fait appel à Garth Knox pour sa création Eclats mats, sur des musiques de Salvatore Sciarrino. Avec cette oeuvre encore mystérieuse mais également prévue pour quatre interprètes, Olga de Soto s'interroge "sur les mécanismes de son propre langage et désire explorer la genèse et les moteurs du mouvement". Donc, à découvrir. Les créations à venir? Pour Enzo Pezzella, le futur s'appelle Va pensiero, une imbrication en trio de solos masculins, que l'on attend avec impatience. Pour Johanne Saunier, la fin de l'hiver apportera It's Like, une surprise qui requiert une installation du scénographe Jim Clayburgh. Bruxelles, théâtre Les Tanneurs. Parte no mea, d'Enzo Pezzella: les 10 et 11 janvier. Landscape With 4 Figures, de Johanne Saunier: les 15 et 16 janvier. Eclats mats, d'Olga de Soto: les 24 et 25 janvier. Tél.: 02-512 17 84 ou www.lestanneurs.be Lucie Van de Walle