Les ambitions du festival ne manquent pas d'air : créer un lien entre la terre et le ciel. Rien que ça ! Mais cette thématique répond à une philosophie bien étayée : " Depuis son origine, la musique s'est abreuvée de spiritualité ", explique Hendrik Storme, directeur artistique de la manifestation. Il ajoute : " Alors qu'il hante notre société, le sujet de la spiritualité y est en même temps très absent. " C'est là que la musique affirme sa singularité : " Elle est demeurée indissociable d'un sentiment spirituel. " " Du temps de Pythagore par exemple, la musique était considérée comme une représentation des liens cosmiques. Elle était d'origine célest...

Les ambitions du festival ne manquent pas d'air : créer un lien entre la terre et le ciel. Rien que ça ! Mais cette thématique répond à une philosophie bien étayée : " Depuis son origine, la musique s'est abreuvée de spiritualité ", explique Hendrik Storme, directeur artistique de la manifestation. Il ajoute : " Alors qu'il hante notre société, le sujet de la spiritualité y est en même temps très absent. " C'est là que la musique affirme sa singularité : " Elle est demeurée indissociable d'un sentiment spirituel. " " Du temps de Pythagore par exemple, la musique était considérée comme une représentation des liens cosmiques. Elle était d'origine céleste et reflétait l'harmonie des astres ", commente encore Storme. Le cru de cette année représente la deuxième partie d'une trilogie sur le sens de la condition humaine. Depuis 2011, le festival explore trois axes : l'utopie, la spiritualité et la mort. " En 2011, nous nous sommes concentrés sur l'homme et son aspiration à un monde meilleur ( Imagine Paradise). En 2012, nous explorons le lien entre l'homme et la spiritualité, explique Hendrik Storme. " En 2013, le KlaraFestival terminera cette trilogie en arpentant la relation intime entre vie et mort. " Tout le programme de cette année est donc centré sur cette musicalité spirituelle. Et comme il existe plus d'une manière de frapper aux portes du ciel, Klara réaffirme sa belle habitude de la confrontation diversifiée. Ainsi, la spiritualité sublimée d'une passion de Bach jouxtera la symbolique cosmique de Cage ou de Stockhausen en passant par Le Nozze di Figaro, de Mozart. Auquel répondront Das Lied von der Erde, de Mahler, et La Symphonie des psaumes, de Stravinsky. Bozar figure parmi les partenaires privilégiés du Klara. Le festival s'ouvre et se clôture au palais des Beaux-Arts, à Bruxelles. Avec des monstres sacrés. Le 31 août, René Jacobs et l'Akademie für Alte Musik essuient les plâtres avec l'Everest de la spiritualité baroque : Matthäus-Passion, de Bach. A l'autre bout, le festival s'achève avec le ténor Rolando Villazon (14/9). Ce sera la première apparition de la star mexicaine en la salle Henry le B£uf. Entre ces deux moments phares, on attend avec impatience le chef Marc Minkowski dans son intégrale des symphonies de Schubert (Schubert Trilogy). Aux Beaux-Arts (11/9), il livrera la Première et la Neuvième. Les autres symphonies seront proposées à Anvers (deSingel, 12/9) et à Bruges (Concertgebouw, 13/9). Côté Monnaie, on retrouve, entre autres, l'Akademie für Alte Musik aux manettes de Singing Garden, de Toshio Hosokawa (7/9). Une première belge ! La nature y est envisagée sous un angle zen. Le lendemain, même lieu : une curiosité avec un concert chorégraphié des Quatre Saisons de Vivaldi. Le joker du Klara ? " Notre approche aventureuse de la musique classique, sourit Hendrik Storme. On retrouve des stars comme Villazon ou Jacobs, mais aussi des jeunes artistes formidables comme Bertrand Chamayou (piano, 11/9) ou Christian Poltéra (violoncelliste, 12 et 13/9). On explore plus de quatre siècles d'histoire de la musique, mais on essaie toujours de les présenter de façon inattendue. " Comme Dylan, il faut oser le toc-toc céleste : Knockin'on Heaven's Door... KlaraFestival 2012. Du 31 août au 14 septembre. Renseignements : www.klarafestival.be/ fr/bienvenuPhilippe Marion