Le 27 octobre 2000, Jean-Michel Folon inaugure les quinze premières salles de son musée en grande pompe. Situé au coeur du domaine Solvay, à La Hulpe, le bâtiment, une ancienne ferme, est pour lui l'aboutissement d'un rêve consistant à pouvoir se réapproprier son oeuvre et à diffuser sa légende dorée. L'histoire en question ? Elle est celle d'un illustrateur plutôt rêveur parti à la conquête du plus grand nombre de formes d'expressions possibles. Si elle ravit la Région wallonne qui peut se féliciter de garder sur son sol un talent qui avait été sollicité par l'Italie et la France pour installer son projet...

Le 27 octobre 2000, Jean-Michel Folon inaugure les quinze premières salles de son musée en grande pompe. Situé au coeur du domaine Solvay, à La Hulpe, le bâtiment, une ancienne ferme, est pour lui l'aboutissement d'un rêve consistant à pouvoir se réapproprier son oeuvre et à diffuser sa légende dorée. L'histoire en question ? Elle est celle d'un illustrateur plutôt rêveur parti à la conquête du plus grand nombre de formes d'expressions possibles. Si elle ravit la Région wallonne qui peut se féliciter de garder sur son sol un talent qui avait été sollicité par l'Italie et la France pour installer son projet, l'opération est également nostalgique en ce qu'elle fleure bon le retour au bercail. En bon garnement ayant vécu une partie de son enfance près du lac de Genval, Jean-Michel Folon avait écorché ses genoux en toute illégalité dans la vaste propriété qui était alors la résidence de la célèbre famille d'industriels. Il y a aussi de la poésie dans cette affaire : l'écrin de verdure épousait parfaitement les idéaux de cet homme épris de nature. Hélas, cet outil pédagogique merveilleux qui l'a rapproché de son pays natal (l'intéressé a quitté la Belgique en 1955 et n'a eu de cesse de mener une carrière internationale), Folon n'a pas pu en profiter longtemps, lui qui est décédé en 2005. Depuis cette époque, la Fondation qu'il a créée sur les mêmes fonts baptismaux que le musée a pris le relais, s'enrichissant au passage de plusieurs milliers d'oeuvres léguées par ses deux épouses successives. Montrer le génie créatif de l'artiste et déployer la genèse de sa pensée visuelle, telles sont les missions qu'accomplit au quotidien la Fondation... qui fête ses 20 ans d'existence en programmant 20 événements tout au long de l'année 2020 (1). Les temps forts ? Le premier d'entre eux est réservé aux chanceux qui se trouveront à Rome, entre mars et fin juin prochains. Pendant trois mois, entre Raphaël et Michel-Ange, les musées du Vatican donneront à voir L'Ethique de la poésie, un accrochage revenant sur le parti pris humaniste du Belge ainsi que sur ses visions en faveur d'un monde durable. Plus proche de nous, il ne faudra pas rater ce qui constitue à nos yeux la plus intéressante proposition : Les Affiches de Folon. Percutant et graphiquement imparable, le natif d'Uccle fut un affichiste hors pair au service notamment d'Amnesty International et de Greenpeace. Pointons aussi la réinstallation de La Mer, ce grand sculpteur, la célèbre statue de Knokke-Heist, dont la disparition sous le sable en émut beaucoup. Bonne nouvelle, au printemps, l'oeuvre sera placée sur un nouveau brise-lames. En vrac, on mentionnera encore la sortie d'un beau livre sur ses pièces sculptées, aux éditions Fonds Mercator ; la remise au Manneken-Pis d'un costume inspiré par " l'homme bleu " ; la sortie du premier documentaire réalisé depuis le décès du plasticien ; la tenue de journées aquarelles dans le parc Solvay ; ou des découvertes de la Fondation à travers des visites inclusives et intergénérationnelles.