Cette exposition est à notre sens l'une des plus pertinentes de cet été, du moins pour qui veut se tenir à l'écart des habituels formatages balisant l'art contemporain. Deux raisons à cela. La première relève de l'endroit sur lequel Flying on the raven's wing déploie ses ailes. Asiat - un acronyme pour Arsenal des instruments et appareils de tran...

Cette exposition est à notre sens l'une des plus pertinentes de cet été, du moins pour qui veut se tenir à l'écart des habituels formatages balisant l'art contemporain. Deux raisons à cela. La première relève de l'endroit sur lequel Flying on the raven's wing déploie ses ailes. Asiat - un acronyme pour Arsenal des instruments et appareils de transmission, une structure émanant du ministère de la Défense - se découvre comme une ancienne base militaire laissée à l'abandon. Cette friche où, autrefois, prenaient forme d'ambitieux projets d'ingénierie et de stratégie est désormais rendue à l'humilité et au calme d'une nature qui reprend ses droits. L' ensemble est à contempler comme l'une de ces vanités allégoriques - crâne ou dépouille en passe de se décomposer - apparue dans la peinture néerlandaise du XVIIe siècle. Le second élément qui séduit est à chercher du côté du projet curatorial de la jeune commissaire, Evelyn Simons. "Après une année pendant laquelle nos interactions et notre estime de soi ont été définies et réduites par des rencontres en ligne et des représentations digitales "avatariques", l'exposition célèbre la charnalité crue du corps humain", explique- t-elle. Pour joindre le geste à la parole, Evelyn Simons a convoqué un joli casting: Aline Bouvy (Belgique), Rotor (Belgique), Sonia Gomes (Brésil) ou encore Tarek Lakhrissi (France) et Grace Ndiritu (Royaume-Uni/Kenya). Les oeuvres, quant à elles, font feu de tout bois disciplinaire - architecture, musique, vidéo... - et reposent sur des environnements et mécanismes inédits - dancefloors, tâches collaboratives... - permettant à un large public de s'interroger sur le sens de la création actuelle.