Tant que la Wallonie ne maîtrisera pas sa culture, son enseignement et sera privée de tout moyen d'expression médiatique, il est illusoire de rêver un désir collectif wallon. Dans quoi plongerait-il en effet ses racines ? Le constat est ancien : " Je suis confus de mon ignorance quand je m'interroge sur mon pas...

Tant que la Wallonie ne maîtrisera pas sa culture, son enseignement et sera privée de tout moyen d'expression médiatique, il est illusoire de rêver un désir collectif wallon. Dans quoi plongerait-il en effet ses racines ? Le constat est ancien : " Je suis confus de mon ignorance quand je m'interroge sur mon passé wallon ", écrivait Jules Destrée, dans sa Lettre au Roi, de 1912. Les changements de paradigmes ont pourtant été proposés depuis la fin du xixe siècle : de nombreux congrès wallons se sont tenus, dont ceux de 1905 et de 1913, et entre 1945 et 1960, ainsi que dans les années 1960. Faut-il rappeler le congrès wallon de Liège des 20 et 21 octobre 1945 ? Parfois ces congrès se sont clôturés sur des résolutions qu'on n'imagine pas aujourd'hui. Le Manifeste pour la culture wallonne (1983) et le Manifeste pour une Wallonie maîtresse de sa culture, de son éducation et de sa recherche (2003) furent accueillis avec une indifférence amusée ou une attention polie. Dès lors, la Région wallonne, à la traîne d'un mouvement revendicatif flamand hégémonique, incapable de proactivité et même d'une réponse forte et amplement partagée, reste coincée entre, d'une part, une nostalgie belgicaine qui refuse d'analyser le paysage politique flamand et est coupable d'une impréparation funeste de la Wallonie (lorsque le temps sera venu) et de la Fédération Wallonie-Bruxelles et, d'autre part, ses sous- régionalismes qui bénéficient, eux, paradoxe, de leurs relais médiatiques. A qui, à quoi, doit-on ce lamentable fiasco wallon du train raté de l'histoire ?