Le ciel va-t-il bientôt nous tomber sur la tête ? Possible, voire même probable si l'on en croit Louis Tobback, ex-leader des socialistes flamands, 71 ans, un vieux bretteur aujourd'hui inquiet. " La crise bouleverse la donne ", explique-t-il cette semaine au Vif/L'Express. " Les hommes politiques paniquent. Parce qu'ils se demandent ce qui est en train d'arriver. Et ils se trouvent justement confrontés à l'apathie du public (...). Si vous ne vous occupez pas de politique, la politique s'occupera de vous. Ne pas s'intéresser à la politique, c'est stupide ", dénonce-t-il.
...

Le ciel va-t-il bientôt nous tomber sur la tête ? Possible, voire même probable si l'on en croit Louis Tobback, ex-leader des socialistes flamands, 71 ans, un vieux bretteur aujourd'hui inquiet. " La crise bouleverse la donne ", explique-t-il cette semaine au Vif/L'Express. " Les hommes politiques paniquent. Parce qu'ils se demandent ce qui est en train d'arriver. Et ils se trouvent justement confrontés à l'apathie du public (...). Si vous ne vous occupez pas de politique, la politique s'occupera de vous. Ne pas s'intéresser à la politique, c'est stupide ", dénonce-t-il. La politique ? Nul doute qu'il y pense, lui, depuis toujours, et pas seulement en se rasant. Dans l'interview-vérité qu'il nous a accordée, c'est un Didier Reynders pur jus non filtré que l'on retrouve. Les mots pour le dire coulent tout naturellement. Les flèches acidulées, aiguisées sinon tranchantes, aussi. Objectif prioritaire : virer le couple PS-CDH du pouvoir en Wallonie, voire éjecter le PS du fédéral. Pressé d'en découdre avec son meilleur ennemi, le président du MR se fait toutefois bien tendre avec les Ecolos. Diable, c'est qu'on ne peut gouverner seul et ne faut-il pas saisir à la volée LE parti désigné comme le grand vainqueur du 7 juin ? Il s'y voit déjà, Didier, aux côtés de Jean-Michel, redéfinissant les contours politico-économico-sociaux de la Wallonie et de Bruxelles. Certes, les verts devront faire " quelques efforts " en soutenant, entre autres, clairement l'esprit d'entreprise. " Pas de paradis environnemental sur un désert économique ", rappelle Reynders. Qui passe, en revanche, comme chat sur braise sur les inévitables incompatibilités fiscales entre les deux partis. Quid de la révision de la péréquation cadastrale, de l'introduction d'une taxe sur les loyers, des prélèvements sur les chèques-repas, les voitures de société, sur les capitaux gérés par les fonds de pensions complémentaires, des impôts sur les plus-values d'actions... autant de morceaux choisis dans le programme de Javaux et qui font frémir plus d'un militant libéral ? Rien n'y fait, Reynders a pour les Ecolos les yeux de Chimène : ne leur adresse-t-il pas, dans ces colonnes mêmes, en direct, une véritable demande en mariage ? Las, l'heureux élu, lui, se fait attendre. Viendra, viendra pas ? Il fait la moue. Alors que le parti vert s'était engagé à rendre publique toute alliance qu'il comptait conclure avant les élections, le voilà peu disert. " Les écologistes sont très forts pour se camoufler. Javaux est un politicien extrêmement habile ", note avec pertinence le " sage " Tobback, à qui on ne la fait plus. Javaux n'est pas pressé, il distille, il distille. Oui, il jugerait inconcevable qu'il y ait deux perdants au sein d'un même gouvernement ; non, il n'a pas de coalition favorite ; oui, il a bien quelques affinités avec certains CDH, dont Benoît Lutgen ; certes, son parti est favorable à l'esprit d'entreprise mais il veut donner un rôle à l'Etat, " c'est la plus grande rupture avec le MR de Didier Reynders " ( La Libre Belgique du 26 mai dernier). Traduction : tous les fers au feu, deux coalitions possibles, pas de fiançailles à la hussarde. Pas l'ombre d'une ligne claire à l'horizon, non plus. Au coin de l'urne, l'aventure !