La fondation Nefa ( NDLR : acronyme de Nine Eleven/Finding Answers), proche des conservateurs américains, a été créée après le 11-Septembre afin de prévenir d'autres attaques terroristes. Elle s'emploie à décrire la trame des activités islamistes susceptibles d'exercer une influence négative sur les populations musulmanes vivant en Occident. Après avoir " déshabillé " les Frères musulmans des Etats-Unis et des Pays-Bas, les fins limiers de la Nefa, bien tuyautés par les services de renseignement de l'Ouest, décrivent en 24 pages la nébuleuse des Frères en Belgique et dévoilent le rôle central joué...

La fondation Nefa ( NDLR : acronyme de Nine Eleven/Finding Answers), proche des conservateurs américains, a été créée après le 11-Septembre afin de prévenir d'autres attaques terroristes. Elle s'emploie à décrire la trame des activités islamistes susceptibles d'exercer une influence négative sur les populations musulmanes vivant en Occident. Après avoir " déshabillé " les Frères musulmans des Etats-Unis et des Pays-Bas, les fins limiers de la Nefa, bien tuyautés par les services de renseignement de l'Ouest, décrivent en 24 pages la nébuleuse des Frères en Belgique et dévoilent le rôle central joué par le Syrien Bassem Hatahet, 43 ans, installé à Bruxelles depuis une vingtaine d'années. Ni le rapport du Comité R, qui avait tiré la sonnette d'alarme en 2002, ni la thèse de Brigitte Maréchal (UCL), non publiée, qui tentait de " dédiaboliser " cette mouvance, n'avaient jamais mis une telle documentation à la disposition du grand public. A l'époque, le Comité de contrôle des services de renseignement soulignait le risque de mainmise des Frères sur les organes représentatifs de la communauté musulmane. Le Comité R expliquait également leur stratégie : entretenir un sentiment de victimisation autour de la problématique du voile dans les écoles et provoquer ainsi un rejet des valeurs occidentales. Le " papier " de la Nefa offre essentiellement une analyse structurelle des FM en Belgique, avec les noms de responsables, ce qui constitue un exploit en soi, car le mouvement a horreur de la publicité et ne s'affiche jamais comme tel. Bruxelles abrite le quartier général de la Federation of Islamic Organizations in Europe, coupole de 29 organisations " fréristes " européennes, russes et turques. A la même adresse, dans le quartier européen, se trouvent le dynamique Forum of European Muslim Youth and Student Organizations (Femyzo), reconnu par le Conseil de l'Europe et la Commission européenne, et la saoudienne World Assembly of Muslim Youth. Les instances " belges " des Frères ont leur siège ou se réunissent dans le quartier de la gare du Midi, à Saint-Gilles, à la mosquée Abidine, du nom de son imam égyptien. La Ligue islamique interculturelle de Belgique (qui travaille avec la mosquée wahhabite du Cinquantenaire et invite régulièrement Tariq Ramadan et son frère Hani), l'association Assalem, l'Union des organisations estudiantines musulmanes et la Ligue des musulmans de Belgique ont été créées après le choc du 11-Septembre. Le rapport n'évoque pas les activités des FM à Liège, Anvers et Gand. En revanche, son auteur, le Britannique Steve Merley ne rate pas Verviers, place forte des FM, grâce, notamment, aux familles Privot et Hajjaji, mais surtout siège de la Fondation Al-Aqsa Belgique et " boîte aux lettres " de celle-ci pour l'Allemagne et les Pays-Bas. Officiellement, la Fondation Al-Aqsa collecte des fonds pour venir en aide au peuple palestinien. Mais l'Allemagne et les Pays-Bas ont acquis la certitude, au terme d'une enquête fouillée, qu'elle soutenait les infrastructures terroristes du Hamas, ce qui les a amenés, respectivement en 2001 et en 2003, à l'interdire sur leur territoire. La Nefa s'étonne que la Belgique n'en ait pas fait de même. Marie-Cécile Royen