L'incident qui s'est passé à l'ULB le 7 février est interpellant. Est-ce que l'islamiste se sent devenu suffisamment fort que pour croire que le moment est arrivé où il peut jouer un rôle majeur dans notre démocratie ? C'est un sujet tabou et il est difficile de se faire soi-même une opinion objective. L'objet du débat organisé était l'extrême droite. S'il y a eu contestation, on pouvait penser que les perturbateurs étaien...

L'incident qui s'est passé à l'ULB le 7 février est interpellant. Est-ce que l'islamiste se sent devenu suffisamment fort que pour croire que le moment est arrivé où il peut jouer un rôle majeur dans notre démocratie ? C'est un sujet tabou et il est difficile de se faire soi-même une opinion objective. L'objet du débat organisé était l'extrême droite. S'il y a eu contestation, on pouvait penser que les perturbateurs étaient plutôt de gauche, si pas de l'extrême gauche. Rejettent-ils la démocratie libérale et militent-ils pour l'abolition du capitalisme ? Cela ne semble pas le cas. Rejettent-ils l'extrême droite ? Toute réflexion faite, je ne le crois pas. Selon Michel Winock (1), historien français, professeur à Sciences-po à Paris, les discours de l'extrême droite répondent à neuf caractéristiques : 1. La haine du présent, considéré comme une période de décadence ; 2. La nostalgie d'un âge d'or ; 3. L'éloge de l'immobilité, conséquence du refus de changement ; 4. L'anti-individualisme, conséquence des libertés individuelles et du suffrage universel ; 5. L'apologie des sociétés élitaires, l'absence d'élites étant considérée comme une décadence ; 6. La nostalgie du sacré, qu'il soit religieux ou moral ; 7. La peur du métissage génétique et de l'effondrement démographique ; 8. La censure des m£urs, notamment la liberté sexuelle et l'homosexualité ; 9. L'anti-intellectualisme, les intellectuels n'ayant aucun contact avec le monde réel. Homme de la rue, je ne prétends pas être à même de juger si l'islamisme radical rencontre la totalité des neuf points cités, mais il me semble évident qu'il en rencontre beaucoup et que ce mouvement se rapproche donc plus de l'extrême droite que de la gauche, autrement dit, s'il y a eu empêchement du débat à l'ULB, c'est parce que les perturbateurs avaient peur de voir leur idéologie stigmatisée. Exclusion réciproque de différents mouvements d'extrême droite ? (1) Extrait du dictionnaire La Toupie trouvé sur Internet. Il n'est pas donné suite aux lettres ouvertes ou portant des adresses incomplètes. La rédaction raccourcit certaines lettres pour permettre un maximum d'opinions.HENRI MAIRLOT, PAR COURRIEL