Embrasez-vous!

Cette exposition qui célèbre les dix ans du musée Art et marges décline sur deux niveaux un principe de complicité entre une dizaine d'"artistes outsider", comprendre: qui vivent la pratique de manière pleine, et autant de plasticiens bruxellois émergents qui se sont appliqués à souligner-contextualiser les pièces de la collection (un trésor énorme de plus de 4 000 oeuvres). Une proposition sans arrière-pensée, sans ego, sans plan financier, juste des artistes habités par un besoin viscéral de création et de partage. Il n'en faut pas plus pour en sortir rasséréné.
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Cette exposition qui célèbre les dix ans du musée Art et marges décline sur deux niveaux un principe de complicité entre une dizaine d'"artistes outsider", comprendre: qui vivent la pratique de manière pleine, et autant de plasticiens bruxellois émergents qui se sont appliqués à souligner-contextualiser les pièces de la collection (un trésor énorme de plus de 4 000 oeuvres). Une proposition sans arrière-pensée, sans ego, sans plan financier, juste des artistes habités par un besoin viscéral de création et de partage. Il n'en faut pas plus pour en sortir rasséréné. Au Musée Art et marges, à Bruxelles, jusqu'au 25 avril prochain. Embarquant dans l'aventure le sculpteur néerlandais Henk Visch (1950, Eindhoven), le peintre Xavier Noiret-Thomé (1971, Charleville-Mézières) signe une proposition qui, malgré qu'elle ne soit pas immédiate, convainc en ce qu'elle aborde l'histoire de l'art avec humour et irrévérence. Et si l'on reste de marbre devant les toiles et les sculptures, il est toujours possible de découvrir le film de Joachim Olender proposé en guise de hors-d'oeuvre. Soixante minutes, tournés comme une peinture, d'un jeu féroce et envoûtant où il s'agit d'élire la meilleure peinture. A la Centrale for contemporary art, à Bruxelles, jusqu'au 21 février prochain. La sculpture est pour vous un art inerte et apathique? On ne saurait trop recommander d'aller découvrir l'hallucinante rétro-prospective Johan Muyle (Charleroi, 1956) au MAC's pour vous réconcilier. Outre un rhinocéros taxidermisé qui butte dans une arène ouverte au public, on y découvre un plasticien total qui s'empare de tout, qu'il s'agisse de l'espace ou de la lumière, pour faire vibrer ses oeuvres d'assemblage. C'est sûr, No Room for Regrets ne ménage pas le visiteur mais, conforme en cela à l'intitulé, ne laisse pas la moindre d'amertume d'avoir fait le voyage. Au MAC's, au Grand-Hornu, jusqu'au 18 avril prochain. Enorme coup de coeur pour cette petite, mais ô combien dense, exposition consacrée au travail de Jean Pierre Müller (Bruxelles, 1967). Repéré pour ses collaborations avec Nile Rodgers (Chic) ou son intervention remarquée, en compagnie d'Aimé Mpane, à l'Africa Museum de Tervuren, ce plasticien imagine des dispositifs visuels reposant sur la superposition de voiles imprimés. L'effet qui en résulte ne prétend à rien de moins qu'à une autre façon, quasi tridimensionnelle, de faire voir. Le tout est traversé de fulgurances engagées et de visions tantôt angoissantes, tantôt réjouissantes. A la galerie Les Drapiers, à Liège, jusqu'au 20 février prochain. Léa Belooussovitch, Pierre-Laurent Cassière, Hannah De Corte, João Freitas, Alice Leens et Sahar Saâdaoui, six jeunes artistes installés à Bruxelles, nous apprennent à nous arrêter un moment pour regarder ce que nous ne voyons pas ou ne voulons plus voir. On retient en particulier le travail d'Hannah De Corte qui plonge dans la matière, celle dont sont faites les toiles. Une pratique exaltant la richesse de ce support avant même qu'il ne soit travaillé par le peintre. Ainsi que celui de Freitas quand il frotte du papier de soie avec du journal pour engendrer une sorte de "lecture mémorielle" du flux de l'information. A La Patinoire royale, à Bruxelles, jusqu'au 27 février prochain. C'est un monstre, un géant, que disons-nous, un pan entier incontournable du pop art auquel fait place le BAM. L'oeuvre de Roy Lichtenstein (1923 - 1997) est souvent ramenée à une superficialité qui échoue à rendre compte d'une pratique complexe érigée en grande partie contre l'expressionnisme abstrait, mouvement en vogue aux Etats-Unis dans les années 1950. A travers un parcours intelligent évacuant l'oeuvre peinte, Visions multiplesexalte le génie des matériaux et des techniques d'un plasticien ayant anticipé l'avènement d'une société insensible. Au Musée des beaux-arts de Mons (BAM), jusqu'au 18 avril. Et si l'on s'offrait une immersion picturale? Forcé de faire l'impasse sur les réductions capillaires, le salon de coiffure de Jean Marchetti savoure désormais à 100% sa mission de galerie atypique. On y découvre le travail de Stefan De Jaeger (Bruxelles, 1957) le temps d'une exposition rythmée exaltant les couleurs et les formes. Dotée d'une forte persistance rétinienne, cette abstraction joyeuse convoque une gestuelle libre et invasive. Le tout pour un travail "free jazz" qui se goûte plus qu'il ne s'explique, une particularité presque anachronique. Au Salon d'art, à Bruxelles, jusqu'au 13 février prochain.