> Les chiffres. Il y a une baisse de l'adoption en Belgique : en 2004, on comptait 366 cas, 233 en 2010. Soit une diminution de près de 40 % en cinq ans. " Elle est due davantage à la baisse du nombre d'enfants adoptables qu'à un dysfonctionnement du système ", analyse Didier Dehou, directeur de l'Autorité centrale communautaire. En clair : les tout-petits, plus ou moins en bonne santé, deviennent une " catégorie épuisable ". Actuellement, on compte 1 enfant pour 10 candidats. Cette situation n'est pas très saine : " Diminution des pays donneurs d'un côté, explosions des demandes d'adoption de l'autre : tous les ingrédients sont réunis pour une comp...

> Les chiffres. Il y a une baisse de l'adoption en Belgique : en 2004, on comptait 366 cas, 233 en 2010. Soit une diminution de près de 40 % en cinq ans. " Elle est due davantage à la baisse du nombre d'enfants adoptables qu'à un dysfonctionnement du système ", analyse Didier Dehou, directeur de l'Autorité centrale communautaire. En clair : les tout-petits, plus ou moins en bonne santé, deviennent une " catégorie épuisable ". Actuellement, on compte 1 enfant pour 10 candidats. Cette situation n'est pas très saine : " Diminution des pays donneurs d'un côté, explosions des demandes d'adoption de l'autre : tous les ingrédients sont réunis pour une compétition féroce entre les pays d'accueil, avec ses dérives ", alerte Didier Dehou. > Les garanties contenues dans la convention de La Haye. Signée en 1993, elle vise à " moraliser " l'adoption. Le texte incite l'adoption de l'enfant dans son pays d'origine. Près de 80 Etats l'ont ratifiée. Une palme : la Communauté française est épinglée comme pilote en la matière. " Aujourd'hui, les Etats se montrent de plus en plus soucieux du devenir des enfants qu'ils confient à l'étranger, explique Didier Dehou. Pour eux, nous représentons une garantie. " > Le profil des enfants adoptables. Les trois quarts des enfants adoptés arrivent de l'étranger, à un âge moyen de 18 mois et, par ordre décroissant, de Chine, d'Ethiopie, de Colombie. Les pays d'origine proposent désormais des enfants " à besoins spécifiques ". Problème : les attentes des postulants sont très éloignées de cette réalité. > Les échecs. Aucune étude n'a été réalisée en Belgique. Officiellement, on cite le chiffre de 1 à 2 %. " Une vraie enquête devrait se réaliser au sein des services de santé mentale : étant donné le profil des adoptants[NDLR : sociologiquement élevé], ils se tournent sans doute vers le privé ", propose Didier Dehou. > La durée. Les candidats doivent compter 4 mois de préparation au minimum, 2 mois pour l'enquête sociale, 45 jours pour obtenir le jugement d'aptitude. Après, tout dépend du projet d'adoption (le pays, le nombre de demandes en cours, les procédures judiciaires...). Au total, la procédure peut durer un ou deux ans, voire plus. > Le coût. On l'estime, pour une adoption internationale, entre 10 000 et 15 000 euros. > Les acteurs. En Belgique, 4 instances sont compétentes : l'Autorité centrale fédérale (ACF), l'Agence centrale communautaire (ACC), les organismes agréés (dix en Communauté française) et les tribunaux de la jeunesse. > La procédure. Les conditions pour adopter sont : avoir 25 ans au minimum (sauf exception en matière d'adoption intrafamiliale) ; être célibataire, en couple marié, cohabitant légal ou non marié vivant ensemble depuis au moins trois ans. La procédure se fait en plusieurs phases : la préparation, l'enquête sociale, le jugement d'aptitude, la procédure proprement dite auprès d'un organisme agréé, etc. Actuellement, une première adoption comprend une phase d'information collective (2 séances de 4 heures), une phase de sensibilisation collective (2 x 4 heures) et une phase de sensibilisation individuelle (3 entretiens psychologiques). Ensuite, les pays d'origine posent leurs conditions : ils sont nombreux à refuser les célibataires, les couples homosexuels, les obèses... S.G.