Et si on se rassemblait sur les réseaux sociaux pour faire ses courses moins cher ? C'est le principe du social shopping une tendance qui vient de débarquer en droite ligne des Etats-Unis. L'idée d'effectuer des achats groupés par Internet n'est certes pas neuve. En revanche, le recours à des sites communautaires comme Twitter ou Facebook (fréquenté par 50 % des internautes belges) donne une nouvelle ampleur à cette démarche consumériste collective. Autre différence : alors que les achats groupés visent habituellement des biens peu différenciés et souvent immatériels (électricité, télécommunications...), le social shopping cherche à rencontrer des besoins et des désirs de la vie quotidienne des c...

Et si on se rassemblait sur les réseaux sociaux pour faire ses courses moins cher ? C'est le principe du social shopping une tendance qui vient de débarquer en droite ligne des Etats-Unis. L'idée d'effectuer des achats groupés par Internet n'est certes pas neuve. En revanche, le recours à des sites communautaires comme Twitter ou Facebook (fréquenté par 50 % des internautes belges) donne une nouvelle ampleur à cette démarche consumériste collective. Autre différence : alors que les achats groupés visent habituellement des biens peu différenciés et souvent immatériels (électricité, télécommunications...), le social shopping cherche à rencontrer des besoins et des désirs de la vie quotidienne des consommateurs, petits et grands plaisirs compris. Concrètement, les sites de social shopping proposent (presque) chaque jour une nouvelle bonne affaire à laquelle vous pouvez souscrire. Vous êtes ensuite invité à parler de l'offre à votre entourage via les réseaux sociaux. Si un nombre minimum de clients est atteint dans le délai imparti sur le site, l'affaire est conclue avec le commerçant et les participants sont débités via un moyen de paiement (carte de crédit, compte PayPal...). Un processus de bouche-à-oreille extrêmement puissant, d'autant que certains sites rémunèrent en bons d'achat les utilisateurs qui parviennent à attirer d'autres clients sur leur recommandation personnelle, ce qui accentue encore l'effet boule de neige. Quant aux coupons de réduction, ceux-ci sont téléchargeables directement en ligne et ne sont pas nominatifs, ce qui vous permet par exemple de les offrir à vos amis. Récemment, Groupon offrait ainsi un repas, au restaurant gastronomique de l'Atomium, à Bruxelles, pour 15 euros au lieu de 45, soit une réduction de 67 % sur le prix de la carte. En vingt-quatre heures, plus de 2 500 internautes ont souscrit à l'offre. " J'ai diffusé la promotion sur mon compte Facebook et j'ai recruté près de 20 personnes par ce biais, ce qui m'a rapporté près de 100 euros en bons d'achat ", explique Gilles, un participant. " J'avoue que j'ai été étonné par la vitesse de propagation de l'offre. "En Belgique, trois start-up sont déjà actives sur ce nouveau marché : Groupon, Groupolitan et PromoCity. Fondé il y a deux ans à Chicago, Groupon est un réseau mondial présent dans 140 villes et 18 pays à travers le globe. De son côté, Groupolitan est basé à Bruxelles mais a été créé par trois entrepreneurs à succès de l'Internet français comme Christophe Salanon (fondateur du site de rencontres Meetic, aujourd'hui coté en Bourse) ou Laurent Jacob (créateur de Newsweb, revendu au groupe Lagardère en 2006 pour 74 millions d'euros). Selon ce dernier, le social shopping profite aussi bien aux acheteurs qu'aux vendeurs. " Les internautes peuvent augmenter leur pouvoir d'achat grâce à la commande collective. De leur côté, les commerçants ne paient rien à la base et profitent du système lorsqu'un quota suffisant de clients est réuni. Pour une PME ou une TPE, cela permet de se lancer facilement dans le commerce électronique grâce à l'effet viral propre à Facebook ou Netlog. " Si Paris et Bruxelles sont les deux premières villes où Groupolitan est actif, la start-up prévoit d'attaquer bientôt d'autres agglomérations belges et françaises. " Nous commençons aussi à réfléchir à d'éventuels partenariats avec des médias ", ajoute Laurent Jacob. Pour l'instant, les sites belges de social shopping se ressemblent tous comme deux gouttes d'eau et proposent d'ailleurs des produits relativement similaires. Restaurants, soins et beauté, sorties : le public visé est clairement branché et urbain. On peut cependant parier que cette nouvelle façon de chasser les bons plans trouvera rapidement d'autres débouchés. Crise économique oblige... OLIVIER DE DONCKER