L'enquête réalisée par le site américain Tripadvisor auprès d'un millier de voyageurs a fait l'effet d'une douche froide. Le tourisme est aujourd'hui une industrie très rentable, qui ne risque pas d'être délocalisée, et qui, selon les estimations, procure du travail à 35 000 personnes dans la Région. Une mauvaise image et c'est un des moteurs du développement économique bruxellois qui risque de prendre feu.
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L'enquête réalisée par le site américain Tripadvisor auprès d'un millier de voyageurs a fait l'effet d'une douche froide. Le tourisme est aujourd'hui une industrie très rentable, qui ne risque pas d'être délocalisée, et qui, selon les estimations, procure du travail à 35 000 personnes dans la Région. Une mauvaise image et c'est un des moteurs du développement économique bruxellois qui risque de prendre feu. " On vient pourtant de passer le cap des 5 millions de nuitées par an, s'étonne Béatrice Walgraeve, coordinatrice de l'Observatoire du tourisme à Bruxelles. Un chiffre qui représente près de 50 % de nuitées en plus, par rapport à 1995 ! Et la Région se classe au quatrième rang mondial pour l'organisation de réunions internationales. " De fait, les touristes n'ont pas encore déserté la ville. Mais ils ne font souvent que la traverser, trop rapidement. Généralement, le temps passé dans la capitale est inversement proportionnel à la distance parcourue pour s'y rendre : plus on vient de loin, moins on reste longtemps. Bruxelles n'est alors qu'une simple étape entre Paris, Londres et Amsterdam. Une halte où l'on se presse pour prendre en photo la sainte-trinité locale : l'Atomium, le Manneken-Pis et la Grand-Place. Un rituel que les groupes de Chinois parviennent à boucler en trois heures chrono, pause-déjeuner comprise... " Ce n'est pas ce type de tourisme que nous cherchons à développer, reconnaît Philippe Close, échevin (PS) du Tourisme à la Ville de Bruxelles et président de Bruxelles Information Tourisme & Conférence. Notre cible, ce sont les visiteurs des pays limitrophes, Britanniques, Français, Allemands, mais aussi Espagnols, qui cherchent une destination pour un "city trip". En deux ou trois jours, ils ont le temps de découvrir une ville qui ne se dévoile pas en quelques heures. " Rester plus longtemps pour dépenser davantage en quelque sorte. Mais comment retenir ces précieux hôtes si l'image qu'ils ont de la ville est si terne ? " Ce sondage ne reflète pas ce que pensent les gens qui viennent ici, estime Philippe Close, mais, pour nous, c'est une bonne piqûre de rappel. Nous sommes une ville à la réputation internationale, mais nous avons encore une image trop technocrate qu'il faut corriger. " Pour l'échevin, si on veut que les visiteurs restent, il faut leur donner du strass et des paillettes. En clair, améliorer la vie nocturne. " Des touristes qui sortent le soir restent forcément sur place. " Le raisonnement est implacable, mais peut être un peu risqué dans un contexte de ralentissement économique. Le budget des loisirs et des sorties est souvent le premier poste sacrifié par les ménages en période de crise économique. " Pour améliorer l'image de Bruxelles, il faut surtout éviter de la négliger, tranche Michael, un Allemand qui fait partie de cette catégorie très recherchée des touristes d'affaires. Certes, la ville est aujourd'hui beaucoup plus agréable qu'il y a quinze ans, mais j'ai l'impression que les pouvoirs publics ont trop longtemps profité de la présence des institutions européennes, sans vraiment chercher à investir. Il a quasiment fallu attendre le cinquantième anniversaire du Palais des Congrès pour qu'il soit enfin rénové ! "" C'est vrai, reconnaît Philippe Close, mais, dès 2009, le Palais des Congrès va rouvrir ses portes, dans un espace métamorphosé qui accueillera conférences, événements et expositions, à quelques mètres du tout nouveau musée Magritte. " Deux nouvelles raisons de visiter Bruxelles et de faire mentir les sondages. O.H