Une belle histoire d'amour unit François Schuiten et la Maison Autrique. Avec son complice de toujours, Benoît Peeters, le dessinateur tombe sous le charme de la vieille bâtisse de Victor Horta et encourage aussitôt son achat par la commune de Schaerbeek. Les deux hommes se lancent alors, presque les yeux fermés, dans un projet d'une ampleur insoupçonnée : la restauration et la conception scénographique des espaces qui seront bientôt visités. Le parcours qu'ils ont imaginé invite à la découverte d'une maison dans toutes ses dimensions. Aujourd'hui, ce bijou de l'Art nouveau nous empo...

Une belle histoire d'amour unit François Schuiten et la Maison Autrique. Avec son complice de toujours, Benoît Peeters, le dessinateur tombe sous le charme de la vieille bâtisse de Victor Horta et encourage aussitôt son achat par la commune de Schaerbeek. Les deux hommes se lancent alors, presque les yeux fermés, dans un projet d'une ampleur insoupçonnée : la restauration et la conception scénographique des espaces qui seront bientôt visités. Le parcours qu'ils ont imaginé invite à la découverte d'une maison dans toutes ses dimensions. Aujourd'hui, ce bijou de l'Art nouveau nous emporte dans un voyage à travers le temps et l'espace. Du sous-sol au grenier sont présentés une trentaine de planches originales et des dessins préparatoires de La Douce, le nouvel album de François Schuiten. Pour la première fois seul aux commandes, il confirme ici ses talents de dessinateur et de narrateur mais s'affirme également dans son nouveau rôle de scénariste. Ce dernier-né conte l'attachement déraisonnable d'un machiniste pour la " 12 ", une locomotive à vapeur exceptionnelle par son élégance aérodynamique et ses performances. L'icône des chemins de fer belges... Ce " TGV façon charbon " aurait d'ailleurs été flashé à 165 kilomètres/heure. Un record mondial en 1939 ! En complément, la Maison Autrique expose aussi des maquettes à échelles diverses et variées, des photographies, des plans de locomotive, des affiches originales vantant les mérites des transports par voie ferrée, des films d'archives et des publications d'époques éditées par les Chemins de fer belges, des documents techniques et des peintures d'Alexandre Obolensky. Soit un bel assemblage de pièces authentiques et de témoignages permettant de revivre la grande épopée du rail dans nos contrées. Irrésistiblement, François Schuiten est attiré par l'univers ferroviaire : " Je pense que le train me fascine parce que partout où il est passé, il a changé le monde, les hommes, la société. On ignore souvent, par exemple, que c'est grâce aux chemins de fer qu'on a uniformisé le temps. Avant, on n'avait pas forcément la même heure à Ostende et à Bruxelles. Mais quand il a fallu inventer des horaires précis, on a dû s'inscrire dans un temps différent, à la fois plus précis et plus concret. Et puis, le train, c'est le voyage, l'évasion. Pour moi, le meilleur exemple de son effet sur l'imaginaire, c'est cette fenêtre devant laquelle écrivait Jules Verne, à Amiens. Il pouvait observer toutes les allées et venues des trains alentour. Regardez quel écrivain cela a donné ! " (1). Une déambulation pleine de surprises qui présage en outre l'inauguration de Train World, le nouveau musée des chemins de fer belges qui ouvrira ses portes à Schaerbeek vraisemblablement en 2014 avec, pour pièce maîtresse, la vedette du moment : le dernier exemplaire de la " 12 " ! (1) Lire aussi notre entretien avec François Schuiten dans Le Vif/L'Express du 27 avril 2012. GWENNAËLLE GRIBAUMONT