Francis Feidler (Malmedy, 1950) incarne une figure atypique dans le circuit de l'art actuel. Son parcours plaît en ce qu'il trouble tous ceux qu'inquiètent les porosités. Initiée dès l'âge de 14 ans, sa pratique n'a eu de cesse de louvoyer entre la création, la sienne mais également celle des autres, et la médiation de celles-ci.
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Francis Feidler (Malmedy, 1950) incarne une figure atypique dans le circuit de l'art actuel. Son parcours plaît en ce qu'il trouble tous ceux qu'inquiètent les porosités. Initiée dès l'âge de 14 ans, sa pratique n'a eu de cesse de louvoyer entre la création, la sienne mais également celle des autres, et la médiation de celles-ci. Son fait d'armes le plus important est sans doute d'avoir fondé, en 1993, l'Ikob, musée d'art contemporain d'Eupen, dont la très significative collection est un modèle d'ouverture qu'incarnait à merveille Kontakt 93, une exposition inaugurale qui a fait date en donnant à voir, entre autres, des oeuvres d' Ann Veronica Janssens, Bernd Lohaus ou encore Berlinde De Bruyckere. Après avoir cédé la direction de cet espace de monstration il y a neuf ans, l'homme y revient par la grande porte. Cette fois, c'est l'artiste qui s'exprime. Fidèle à son obsession d'échapper aux étreintes, il déplie intact son programme plastique, déjà formulé en 1988, qui entend "créer des situations dans lesquelles la communication entre l'oeuvre et le spectateur atteint une certaine élasticité". Et l'intéressé de préciser: "Cette communication doit échapper à l'écueil des modes préétablies pour s'approprier tous les espaces libres." Au centre de la proposition, on retrouve la forme concrète qui synthétise son propos: la spirale. Peint, dessiné ou présenté sous forme tridimensionnelle, le vortex selon Feidler se découvre comme un outil idéal pour "explorer la polarité entre, d'une part, le phénomène de l'expansion et, d'autre part, celui du cloisonnement et de la limitation". Le tout pour, comme il l'explique, une sorte de manifeste de l'aller-retour. "Aller-retour entre l'oeuvre et l'intime, aller-retour entre rébellion et costume-cravate, aussi."