Marches pour le climat et médias nous rappellent sans cesse la culpabilité du CO2 dans le dérèglement climatique. Des réalités physiques relatives à cette molécule honnie méritent cependant d'être mieux connues. Tout d'abord, sa durée de vie dans l'atmosphère est de plus d'un siècle: la diminution tant désirée des ém...

Marches pour le climat et médias nous rappellent sans cesse la culpabilité du CO2 dans le dérèglement climatique. Des réalités physiques relatives à cette molécule honnie méritent cependant d'être mieux connues. Tout d'abord, sa durée de vie dans l'atmosphère est de plus d'un siècle: la diminution tant désirée des émissions ne fait donc que retarder l'augmentation de sa concentration dans l'air, sans la diminuer. Limiter le débit du robinet n'empêche pas la baignoire de déborder. Ensuite, ses émissions proviennent de l'utilisation des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz), soit 80% de l'énergie mondiale, et de la fabrication du ciment, de l'acier et du plastique, les trois matériaux les plus utilisés dans le monde. Enfin, le CO2 ne connaît pas les frontières, et notre Belgique correspond à 0,5% des émissions mondiales, dont le champion du monde est bien identifié: les centrales au charbon. Tous les autres émetteurs, pris séparément, sont nettement secondaires. La conséquence de ces constats: vu les ordres de grandeur, les solutions annoncées pour réduire les émissions de CO2, hormis l'électricité non carbonée, sont marginales et, pour la plupart, symboliques. Ainsi, la concentration de l'air en CO2 augmentera inexorablement, quels que soient nos efforts, et une bonne partie des marcheurs du dimanche mourront centenaires en respirant un air composé d'un centième de pourcent de CO2 supplémentaire. L'écoanxiété, les promesses hypothétiques, les objectifs mouvants et les grands discours n'y changeront rien. Tant que nous utiliserons le charbon, le gaz et le pétrole.