" Cela faisait un moment que mon mari se plaignait que je ronflais - et pas de temps en temps, mais pratiquement en permanence ! , raconte Nicole (55 ans). Je ne le remarquais pas du tout moi-même mais, comme je ne me sentais jamais vraiment reposée non plus, je me suis dit qu'il n'était peut-être pas inutile de me soumettre à un examen du sommeil. " Après une nuit au laboratoire, elle s'entend annoncer qu'elle souffre d'apnées du sommeil et devra désormais dormir avec un dispositif de CPAP, qui procure, via le port d'un masque la nuit, une ventilation en pression positive continue. " On m'a très bien expliqué ce qu'était le syndrome d'apnées du sommeil et pourquoi ce traitement était nécessaire, mais j'ai tout de même été un peu effrayée. Dormir toutes les nuits avec un masque sur le visage et une machine à côté de moi, cela ne me disait vraiment rien ! En plus, ce n'était pas un traitement temporaire le temps de me débarrasser d'un problème, mais une contrainte que je devrais supporter à vie. "
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" Cela faisait un moment que mon mari se plaignait que je ronflais - et pas de temps en temps, mais pratiquement en permanence ! , raconte Nicole (55 ans). Je ne le remarquais pas du tout moi-même mais, comme je ne me sentais jamais vraiment reposée non plus, je me suis dit qu'il n'était peut-être pas inutile de me soumettre à un examen du sommeil. " Après une nuit au laboratoire, elle s'entend annoncer qu'elle souffre d'apnées du sommeil et devra désormais dormir avec un dispositif de CPAP, qui procure, via le port d'un masque la nuit, une ventilation en pression positive continue. " On m'a très bien expliqué ce qu'était le syndrome d'apnées du sommeil et pourquoi ce traitement était nécessaire, mais j'ai tout de même été un peu effrayée. Dormir toutes les nuits avec un masque sur le visage et une machine à côté de moi, cela ne me disait vraiment rien ! En plus, ce n'était pas un traitement temporaire le temps de me débarrasser d'un problème, mais une contrainte que je devrais supporter à vie. " Le nombre de personnes traitées par CPAP pour cause d'apnées du sommeil progresse d'année en année dans notre pays : d'après les chiffres de l'Inami, elles étaient près de 110.000 en 2017, soit 2,5 fois plus qu'en 2010. L'une des causes de cette augmentation réside dans la prévalence croissante du surpoids, car les personnes obèses sont aussi les plus à risque d'apnées du sommeil. Par ailleurs, la maladie est mieux (re)connue, que ce soit dans le corps médical ou dans le grand public. L'existence des laboratoires du sommeil est aussi mieux connue et les patients prennent plus rapidement l'initiative de demander un examen. " Je vois régulièrement passer à ma consultation des patients qui viennent d'apprendre qu'ils souffrent d'apnées du sommeil et qu'ils vont devoir dormir avec un masque, explique Iris Vantieghem, psychologue à l'unité du sommeil de l'UZ Brussel. Leurs réactions sont très variables. Ceux qui avaient des problèmes de fatigue ou de somnolence et qui avaient conscience de mal dormir sont souvent soulagés d'apprendre qu'il existe une solution et acceptent aussi plus facilement la situation. Les patients qui n'avaient pas vraiment de plaintes ont parfois plus de mal à se faire à l'idée, mais aussi à dormir des nuits complètes avec l'appareil. " Le tout est de s'habituer. Au fait de devoir dormir avec un masque, ce qui peut parfois être oppressant au début. Au fait que l'appareil vous insuffle de l'air dans la gorge en permanence. Au tuyau en plastique qui vous empêche de vous retourner librement dans votre lit. À l'idée de devoir emporter votre machine avec vous lorsque vous allez dormir ailleurs ou que vous partez en vacances. " L'appareil de CPAP est un vrai traitement et donc nécessaire à votre santé, souligne Iris Vantieghem. Il est donc logique de l'emmener en voyage. Pour pouvoir bénéficier d'un remboursement de l'assurance maladie, il est d'ailleurs nécessaire de porter le masque au moins quatre heures par nuit. " La première question des patients est souvent de savoir si l'appareil est bruyant. C'était sans doute le cas autrefois, mais les modèles récents sont pratiquement silencieux. S'ils font du bruit, c'est généralement le signe qu'il y a un problème, comme un masque mal placé, par exemple.Quid de l'intimité ? " C'est certain, vous vous retrouvez avec une machine dans votre chambre, concède Iris Vantieghem. Cela limite un peu la spontanéité, et pas uniquement en termes de sexe : plus question de bavarder avant de s'endormir une fois que le masque est en place, par exemple. Si vous voulez encore raconter quelque chose à votre conjoint, vous devrez l'enlever. " Ce qui a été le plus compliqué pour Nicole ? " Cela va peut-être vous sembler bizarre, mais au début, je m'inquiétais surtout de mon apparence : avec ce masque et ce tuyau, j'avais un peu l'impression d'être une extraterrestre ! Et puis comment continuer à dormir en cuillère avec mon mari ? Quel allait être l'impact sur notre vie sexuelle ? Finalement, les conversations intimes et les câlins se passent avant d'aller dormir et je ne mets donc mon masque qu'au moment où nous nous souhaitons bonne nuit. Entre-temps, c'est devenu un automatisme. Même lorsque je vais aux toilettes pendant la nuit, j'enlève et je remets l'appareil en un clin d'oeil. " " Environ un quart des couples font chambre à part pour toutes sortes de raisons, mais il n'est pas rare que cela tienne aux ronflements de l'un ou l'autre des conjoints, souligne Iris Vantieghem. Si ce problème peut être résolu par un appareil de CPAP, c'est tout bénéfice pour la santé du ronfleur... et pour celle de son couple. "