Avec Didier Donfut, 52 ans, Elio Di Rupo perd un ministre réputé fiable dans les matières techniques, mais aussi son n°3 sur la liste du PS à Mons - qu'il mène - et une partie de ses illusions, sans doute. Car non seulement les affaires reviennent à la Une, au pire moment, mais elles frappent un " quinqua " qu'on pensait à l'abri. Donnant l'impression que d'autres couches du parti pourraient être compromises. Des brillants, des ingénieurs commerciaux comme Donfut. Pas seulement des dinosaures et des crocodiles, survivants d'une autre époque.
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Avec Didier Donfut, 52 ans, Elio Di Rupo perd un ministre réputé fiable dans les matières techniques, mais aussi son n°3 sur la liste du PS à Mons - qu'il mène - et une partie de ses illusions, sans doute. Car non seulement les affaires reviennent à la Une, au pire moment, mais elles frappent un " quinqua " qu'on pensait à l'abri. Donnant l'impression que d'autres couches du parti pourraient être compromises. Des brillants, des ingénieurs commerciaux comme Donfut. Pas seulement des dinosaures et des crocodiles, survivants d'une autre époque. Selon une enquête fouillée de La Libre Belgique, deux conventions pécuniaires au moins liaient l'(ex-)ministre wallon Didier Donfut, retranché derrière une société de consultance, à des institutions publiques de la Région wallonne. Cachet plantureux à l'appui. Le principal intéressé a confirmé qu'il était le gérant et seul fondateur de la SPRL " International développement en énergie et environnement " (IDEE), née en 2000. A l'époque, Donfut était simple député wallon. La convention qui a mis le feu aux poudres date précisément de 2000. Cette année-là, l'IDEE/Donfut reçoit une mission de consultance aux contours flous d'une intercommunale amie, présidée par le socialiste Robert Urbain, ex-ministre. Cette " Intercommunale gazière du Hainaut " (IGH) promet en échange une dringuelle de 4,8 millions de francs belges par an. La convention aurait été reconduite en 2006, soit après le déclenchement des affaires d'abus de pouvoir affectant le PS, et après l'accession de Didier Donfut à des charges ministérielles (secrétaire d'Etat fédéral aux Affaires européennes, en 2004 ; puis ministre wallon des Affaires sociales et de la Santé publique, à partir de juillet 2007). Rémunération mensuelle empochée par IDEE/Donfut, reversée partiellement au fils Donfut, Julien : quelque 13 000 euros. Circonstance aggravante dans la dernière déclaration de mandats, publiée au Moniteur, en vertu des contraintes légales : Donfut " oublie " d'indiquer qu'il s'agit bien d'un mandat rémunéré ! " Rien d'illégal, ni aucun conflit d'intérêts. Juste un problème d'éthique ", resterait la position officielle du PS, dont le comité d'audit est saisi du dossier depuis la fin avril. L'avenir le dira... Mercredi 13 mai, La Libre Belgique a exhumé une autre convention signée entre IDEE/Donfut et la Socofe, holding régional également actif dans le secteur de l'énergie. Formellement, Didier Donfut n'a jamais exercé ses talents ministériels dans ces matières. Mais, souffle le quotidien bruxellois, Donfut aurait mené plusieurs négociations gouvernementales relatives au développement énergétique, " effectuant un lobby caricatural en faveur d'Electrabel et de l'intercommunale Igretec ", dont il est par ailleurs l'administrateur. De quoi sous-entendre un conflit d'intérêts. Matière qui promet d'être réglementée sous la prochaine législature. Avec ou sans le PS. n Ph.E.