Un lundi, 13 h 30, place Flagey, à Bruxelles. Une file conséquente commence à se constituer devant la wasserette mobile de l'association Bulle. Une " wasserette mobile " ? Depuis bientôt deux ans, chaque semaine, l'asbl s'installe ici et aux abords des gares Centrale et du Midi pour proposer aux personnes dans le besoin ou sans domicile fixe de laver et sécher leurs vêtements.
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Un lundi, 13 h 30, place Flagey, à Bruxelles. Une file conséquente commence à se constituer devant la wasserette mobile de l'association Bulle. Une " wasserette mobile " ? Depuis bientôt deux ans, chaque semaine, l'asbl s'installe ici et aux abords des gares Centrale et du Midi pour proposer aux personnes dans le besoin ou sans domicile fixe de laver et sécher leurs vêtements. " L'idée est venue d'un bénévole très investi qui avait entendu parler d'une laverie mobile baptisée Orange Sky, en Australie ", explique Rafaele Dumas, l'unique salariée du projet. Après avoir rencontré un des concepteurs australiens, Bulle commence à écrire sa propre histoire sur les pavés bruxellois. Grâce à de généreux dons - camionnette, machines à laver, séchoirs, machine à café... - et une autorisation de se raccorder aux bornes d'alimentation utilisées les jours de marché, l'association propose un package " lessive et séchage de six kilos de linge " aux personnes dans le besoin. Avec huit packages disponibles par permanence de quatre heures et sur le concept du premier arrivé, premier servi, " on doit souvent refuser des demandes ", regrette Rafaele Dumas. Chaque permanence est l'occasion de revoir des visages devenus familiers, de partager un café et de prendre des nouvelles des uns et des autres. Lorsqu'un bénévole est disponible, il y a même possibilité de se faire couper les cheveux ou raser de près, à même le trottoir. Une vraie bulle de réconfort qui permet de recharger ses batteries pendant quelques heures, et de retrouver une certaine hygiène. Depuis peu, les services de Bulle sont couplés à ceux de Rolling Douche le vendredi. Le concept : un motorhome équipé de sanitaires décents destiné aux SDF. " Via nos cinq permanences hebdomadaires, nous arrivons à offrir une cinquantaine de douches ", indique Pascal Biesemans, dont le projet Rolling Douche, né en 2017, s'inspire d'une initiative parisienne. En occupant le terrain ensemble, les associations gagnent en visibilité auprès de leur public. Parce que sa camionnette est vieillissante et que les demandes se multiplient, Bulle a récemment acquis, grâce à une campagne de crowdfunding menée sur plusieurs mois, un second véhicule. " Il doit encore être aménagé mais on espère pouvoir le mettre en circulation à partir de juin prochain. " Même si l'essentiel de l'association est animé par des bénévoles passionnés, Bulle recherche en permanence des personnes motivées pour venir grossir ses rangs. Avis aux amateurs... Ces dernières années, les services mobiles à destination des personnes précarisées se sont diversifiés et multipliés, aux quatre coins de la capitale et ailleurs dans le pays. D'octobre à décembre derniers, le Justibus (1) étaient de ceux-là. Arpentant les marchés de cinq communes bruxelloises pendant la semaine, ce minibus marron leur a offert une aide juridique gratuite dans une série de domaines (logement, violences conjugales, immigration, droits de succession...). A son bord, un binôme d'avocats présents pour écouter, orienter et aider celles et ceux qui viennent à eux, sans critères de nationalité ni de revenus. Une démarche qui a pour vocation de combler le fossé qui s'est creusé entre la justice et le justiciable. " L'accès au droit constitue l'un des grands enjeux démocratiques actuels ", explique Me Vinciane Gillet, présidente de la Commission d'aide juridique de Bruxelles et à l'initiative de ce projet pilote citoyen. " De nombreuses études font état d'un sentiment d'insatisfaction des citoyens en la matière. Les plus démunis, les personnes à mobilité réduite ou âgées sont particulièrement concernés. Ils ne sont pas des justiciables de seconde zone. Avec le bus de la justice, nous allons au-devant de leurs besoins en leur facilitant l'accès gratuit à un avocat. " Si aucun acte juridique n'a été posé à bord, les avocats sollicités ont pu par la suite diriger les intéressés soit vers une aide juridique, soit vers des avocats qui seront, eux, payants. Après une première phase de test fructueuse, le Justibus a fermé ses portes le 31 décembre dernier mais devrait les rouvrir dans le courant du mois de mars pour circuler dans un plus grand nombre de communes et de marchés de la capitale.