Et la lumière fut ! C'est en observant des méduses bioluminescentes lors de ses études de designer industriel que Sandra Rey, 25 ans, y a vu des ampoules molles. L'idée fondatrice de la start-up Glowee était née : illuminer les villes avec l'éclairage naturel des organismes vivants. Les lucioles, 80 % des organismes marins dont le calamar, animal au centre de la recherche de Glowee, produisent leur propre lumière grâce à des bactéries symbiotiques. Des gènes particuliers confèrent à ces dernières la capacité d'être bioluminescentes. " Nous insérons ...

Et la lumière fut ! C'est en observant des méduses bioluminescentes lors de ses études de designer industriel que Sandra Rey, 25 ans, y a vu des ampoules molles. L'idée fondatrice de la start-up Glowee était née : illuminer les villes avec l'éclairage naturel des organismes vivants. Les lucioles, 80 % des organismes marins dont le calamar, animal au centre de la recherche de Glowee, produisent leur propre lumière grâce à des bactéries symbiotiques. Des gènes particuliers confèrent à ces dernières la capacité d'être bioluminescentes. " Nous insérons leur séquence d'ADN dans des bactéries communes non pathogènes pour leur donner la compétence de faire de la lumière ", explique Sandra Rey. Une fois cultivées, ces bactéries génétiquement modifiées sont introduites dans une coque transparente et adhésive contenant une solution nutritive pour y vivre et produire leur lumière. " Ce que l'on propose, c'est une alternative aux 19 % d'électricité consommés dans le monde pour s'éclairer, lesquels sont responsables de 5 % des gaz à effet de serre ", poursuit Sandra Rey. Rien de moins. La toute jeune équipe de chercheurs développe sa technologie à une vitesse vertigineuse : en 2015, sa durée de vie lumineuse est passée de quelques secondes à 72 heures. L'objectif de cette année est d'atteindre le mois. En attendant, les autocollants Glowee aux formes et dimensions personnalisables, transparents le jour et bioluminescents la nuit, sont déjà commercialisés à destination de l'événementiel. Comme un retour aux sources, le premier projet présenté en décembre dernier n'était autre qu'une méduse géante. Prochaine étape : habiller des vitrines de magasins. De quoi permettre aux commerçants français de maintenir une visibilité nocturne tout en respectant le décret de 2013 contre la pollution lumineuse. La grosse part du gâteau, la start-up envisage de la croquer dès 2018. Il s'agit d'intégrer Glowee dans le paysage urbain. Imaginez des allées et des bancs luminescents, des façades mises en valeur par des motifs aux doux tons vert bleu, des panneaux signalétiques et des passages pour piétons illuminés grâce aux bactéries OGM intégrées. De quoi donner un nouveau visage aux villes de demain. Et un nouveau souffle à l'humanité. " En comparaison, en prenant en compte le cycle complet de vie d'un produit, notre technologie émet dix fois moins de CO2 qu'un système LED ", précise Geoffroy de Bérail, directeur financier de Glowee. Comment est-ce possible ? " Tout d'abord, la production des bactéries bioluminescentes se fait par culture. Ensuite, les matériaux sont revalorisés. Et enfin, la consommation de lumière ne nécessite aucune utilisation d'électricité ", ajoute-t-il. Depuis sa création, Glowee a raflé de nombreux prix de l'innovation. LAETITIA THEUNIS