Les plus anciens en seront certainement moins surpris que les jeunes pousses : à la veille du second conflit mondial, Mons est une petite ville... bourgeoise, peuplée de quelque 25 000 âmes. Une ville où la classe ouvrière existe, certes, mais pas dans les mêmes proportions qu'à Liège ou Charleroi : si le Borinage est géographiquement très proche, Mons a été tenue à l'écart de la révolution industrielle. C'est probablement ces caractéristiques bourgeoises qui tiendront la ville à l'écart des privations les plus graves, pendant la guerre. A ce bémol près : les populations les plus pauvres seront exposées au froid (les hivers 1941 et 1942 sont particulièrement rigoureux), à la faim et aux douleurs de l'Occupation, comme le signale notamment une étude récente consacrée au collège Saint-Stanislas.
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Les plus anciens en seront certainement moins surpris que les jeunes pousses : à la veille du second conflit mondial, Mons est une petite ville... bourgeoise, peuplée de quelque 25 000 âmes. Une ville où la classe ouvrière existe, certes, mais pas dans les mêmes proportions qu'à Liège ou Charleroi : si le Borinage est géographiquement très proche, Mons a été tenue à l'écart de la révolution industrielle. C'est probablement ces caractéristiques bourgeoises qui tiendront la ville à l'écart des privations les plus graves, pendant la guerre. A ce bémol près : les populations les plus pauvres seront exposées au froid (les hivers 1941 et 1942 sont particulièrement rigoureux), à la faim et aux douleurs de l'Occupation, comme le signale notamment une étude récente consacrée au collège Saint-Stanislas. Catholiques et libéraux mènent la danse au niveau politique : c'est d'ailleurs le libéral Victor Maistriau qui gère la ville à l'approche des hostilités. Mais plus pour très longtemps... En mai 1940, au moment de l'invasion allemande, les édiles locaux quittent la ville. Et c'est le conseiller communal (lui aussi libéral) Ernest Strack qui reprend l'écharpe mayorale. Dès le début de l'Occupation, il s'accommodera assez bien de la présence allemande et de l'Ordre nouveau. Il déposera même, en 1942, le projet d'un " Grand Mons ", qui sera tué dans l'£uf par l'opposition des communes avoisinantes. Au fur et à mesure de l'évolution internationale du conflit, le mayeur révisera sa position. Mais gardons-en un peu pour la suite... S'ils arrivent dans la ville le 19 mai 1940, les Allemands ont préparé le terrain. Ou plutôt l'ont quelque peu laminé : les bombardements du 14 et du 16 mai, notamment, causent d'importants dégâts : la gare, visée pour sa fonction stratégique, paie un lourd tribut à la guerre. Et si on ne peut pas parler de ravages massifs comme à Tournai ou à Nivelles, Mons est tout de même intensément touchée sur le plan patrimonial. Sans compter d'importantes archives locales, qui seront également détruites. " Les Français aussi font sauter un dépôt d'explosifs en vue de l'arrivée des envahisseurs, causant d'énormes dégâts. Le centre de Mons présente un triste état le jour où les Allemands débarquent dans la ville... Il n'y eut plus énormément de bombardements par la suite, si l'on excepte l'attaque américaine du 10 mai 1944, autour de la gare, en préparation du Débarquement. Au total, les bombes détruiront quelque 700 maisons à Mons, durant ces quatre années, et tueront environ cinquante Montois. Ce qui laissera d'importantes traces dans la mémoire locale ", explique l'historien Fabrice Maerten, du Centre d'études et de documentation Guerre et sociétés contemporaines (Ceges-Soma). Si Mons est une petite ville, elle accueille, à son corps défendant, bon nombre de structures allemandes : on y trouve, en effet, le siège de l'oberfeldkommandantur (l'équivalent de l'autorité provinciale), mais également de la kreiskommandantur (sorte de commissariat d'arrondissement), ainsi que des contingents de la feldgendarmerie et de la geheime feldpolizei. La cité servira ainsi, à la fin du conflit, de refuge aux collaborateurs, en particulier aux rexistes. On comprendra aisément qu'avec cette présence allemande massive il est plutôt malaisé, pour la Résistance montoise, de se développer sur une grande échelle. Par contre, au fil du temps, et certainement à partir du printemps 1944, le Borinage va vivre au rythme des affrontements armés : la Résistance, surtout communiste, se livre à d'âpres luttes avec les collaborateurs et rexistes, matérialisées par des attentats, des sabotages, des arrestations de masse, des représailles en tout genre. Au plan politique, le bourgmestre montois Strack avait été remplacé en 1943, quand il s'était montré moins coopératif avec l'occupant : le rexiste Lucien Denis avait repris le pouvoir dans la cité, créant une police farouche... Comme partout en Belgique, l'été 1944 permet enfin à la population de souffler un peu : les Américains débarquent le 2 septembre. " Il n'y a pas de combats en ville, Mons est libérée sans difficultés. Par contre, à quelques kilomètres de là, Jemappes et Ghlin, notamment, sont le théâtre de luttes sanglantes ", rapporte encore Fabrice Maerten. Mons aura donc souffert, comme tout le monde, de l'ambition impérialiste de l'Allemagne... Malgré toutes les démarches entreprises, l'auteur n'a pas pu retrouver l'origine de certaines photographies. S'ils se reconnaissent, les ayants droit de ces photos peuvent prendre contact avec la rédaction.Guy VerstraetenMons, petite ville, accueille, à son corps défendant, bon nombre de structures allemandes