Nous sommes dans les années 1970. C'est l'époque des grandes man£uvres agricoles au niveau européen. Les agriculteurs sentent leur gagne-pain menacé face aux regroupements des industries agroalimentaires (...). " On voyait combien le pouvoir économique s'éloignait de l'agriculteur, raconte Jean Frison. Face à ces regroupements, le petit paysan n'avait plus rien à dire ". (...)
...

Nous sommes dans les années 1970. C'est l'époque des grandes man£uvres agricoles au niveau européen. Les agriculteurs sentent leur gagne-pain menacé face aux regroupements des industries agroalimentaires (...). " On voyait combien le pouvoir économique s'éloignait de l'agriculteur, raconte Jean Frison. Face à ces regroupements, le petit paysan n'avait plus rien à dire ". (...) La politique européenne de l'époque encourageait l'agriculteur belge à produire en masse du froment et des betteraves, et à importer du soja américain ou du manioc africain pour nourrir les bêtes. (...) " Il nous fallait trouver le moyen d'offrir une alimentation de qualité, en nourrissant nous-mêmes et sur un sol non pollué les animaux de la ferme. Toutes les crises qui ont suivi, de celle de la dioxine à celle de la vache folle, nous ont donné raison. Nous voulions aussi un juste salaire. A force de produire des betteraves et du froment, les prix s'effondraient. " La réflexion amène Jean Frison et trois autres agriculteurs à s'organiser autrement. (...) En exploitant des fermes faisant à la fois de la culture et de l'élevage, ils pourraient nourrir eux-mêmes leur bétail. C'est ainsi que (...) Jean Frison et ses quelques compagnons (...) commencent à cultiver sur leurs terres des protéines remplaçant le soja. (...). (...) En 1975, ils vendent directement leur production sur les marchés. (...) D'emblée, ils se présentent comme un groupe de producteurs et font appel à des groupes de consommateurs. (...) Le nombre de producteurs rejoignant l'équipe athoise se multiplie. Un an plus tard, Jean Frison décide de structurer leur action en créant une coopérative d'agriculteurs, Agrisain. Peu à peu, les lieux de commercialisation s'étoffent. Avec l'ouverture de la vente dans deux fermes de la région, l'initiative prend de l'ampleur. (...). La production se diversifie avec des £ufs, des légumes, du pain. (...) Les clients commencent à demander de la viande. En août 1985, Agrisain se lance dans l'aventure et voit la naissance de Coprosain, structure chargée de transformer la viande et de commercialiser les produits de sa grande s£ur. (...) En 2000, une partie de la production se convertit au bio. (...) Coprosain emploie aujourd'hui 62 personnes, est présente sur 18 marchés et compte quatre magasins. (...).