Notre monde, notre nation et notre industrie doivent affronter de sérieux défis [à]. Et cela est parti pour durer pendant encore un bon moment. " Plus connu pour sa rage de vaincre que pour ses jérémiades, Steve Ballmer a jeté un froid en ouverture du Consumer Electronic Show (CES), la grand-messe annuelle du high-tech mondial qui s'est tenue au début de janvier à Las Vegas. Le patron de Microsoft pensait-il aux carnets de commandes moins remplis que prévu ? A la vague de licenciements sans précédent qui affecte le secteur des nouvelles technologies, de Tel-Aviv à Bombay ? Ou encore au géant canadien N...

Notre monde, notre nation et notre industrie doivent affronter de sérieux défis [à]. Et cela est parti pour durer pendant encore un bon moment. " Plus connu pour sa rage de vaincre que pour ses jérémiades, Steve Ballmer a jeté un froid en ouverture du Consumer Electronic Show (CES), la grand-messe annuelle du high-tech mondial qui s'est tenue au début de janvier à Las Vegas. Le patron de Microsoft pensait-il aux carnets de commandes moins remplis que prévu ? A la vague de licenciements sans précédent qui affecte le secteur des nouvelles technologies, de Tel-Aviv à Bombay ? Ou encore au géant canadien Nortel, qui, le 14 janvier, se déclarait en faillite ? Si le high-tech ne subit pas encore un krach comparable au massacre des valeurs Internet au début des années 2000, le climat actuel, plutôt délétère, n'a rien à lui envieràQu'on en juge : les ventes de produits électroniques, après avoir progressé de 13 % en 2008, ne devraient être en hausse " que " de 5 % cette année, selon le CES. " Par rapport aux prévisions, c'est un manque à gagner de près de 30 milliards d'euros ", chiffre l'institut d'études IDC. Du fabricant américain de téléphones Motorola (4 000 licenciements annoncés pour 2009) au constructeur texan d'ordinateurs Dell, qui supprimera 1 900 postes en Europe, en passant par le japonais Sony (10 000) et le chinois Lenovo (encore 2 500à), le Who's Who du high-tech mondial a déjà détruit, sur le papier, l'année à peine commencée, près d'un dixième de ses effectifs ! Le malaise touche jusqu'aux fabricants de tuyaux, à l'instar du canadien Nortel. Conséquence de la crise économique, le resserrement des dépenses en communication affecte aussi durement les sites Internet, qui vivent principalement de la publicité. En octobre, Yahoo! a annoncé vouloir se séparer de 10 % de ses troupes, quelques mois après la décision d'une autre société emblématique du Web, eBay, de tailler dans ses effectifs. Même le géant Google, qui a bâti sa réputation sur sa capacité d'embaucher les meilleurs ingénieurs de la planète, ne renouvellera pas plusieurs centaines de contrats à durée déterminéeàEt pas question de compter sur le robinet à dollars pour réamorcer la pompe. Au Web08, salon international de l'Internet, au début de décembre, à Paris, les start-up faisaient la queue pour draguer les capital-risqueurs. " Nous recevons une centaine de dossiers par mois, deux fois plus qu'il y a un an, ce qui nous rend particulièrement sélectifs ", détaille un investisseur. Même la deuxième levée de fonds, destinée à soutenir des projets déjà mûrs, semble poser des problèmes. De quoi nourrir toutes les inquiétudes : si elle perdure, cette période d'immobilisme assumé (gel des embauches, de la rechercheà) - " "ze" big freeze " comme on dit dans le milieu - pourrait gripper l'économie tout entière. D'abord parce que le high-tech, en permettant des gains de productivité, est une réponse directe à la crise. Ensuite, parce que, en cas de redémarrage, il peut représenter plus du quart de la croissance. l Guillaume Grallet