De nombreux sociologues se sont penchés sur l'état de stress, voire d'anxiété et de dépression chez des jeunes qui ont du mal dans leur passage vers les études supérieures : conditions pédagogiques radicalement différentes, autonomie nouvelle, mode de vie moins encadré, conditions financières à assumer seuls et parfois un job étudiant pour les y aider, etc. " Pour certains, l'entrée en première année à l'université ou dans une école supérieure est un apprentissage de l'autonomie, qui peut se faire brutalement, confirme Florence Vanderstichelen, directrice du Service d'Aide aux Étudiants de l'UCL. Certains peuvent y avoir déjà été préparés, en fonction de l'historique de la famille, de leur rang dans la fratrie... Ceux pour qui l'autonomie est la plus compliquée sont ceux qui doivent tout apprendre : s'assumer seul en kot, découvrir une nouvelle ville, un nouvel établissement, se faire de nouveaux amis, gérer l'argent, résister aux tentations des sorties et autres... Tout dépendra alors du caractère du jeune. "
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De nombreux sociologues se sont penchés sur l'état de stress, voire d'anxiété et de dépression chez des jeunes qui ont du mal dans leur passage vers les études supérieures : conditions pédagogiques radicalement différentes, autonomie nouvelle, mode de vie moins encadré, conditions financières à assumer seuls et parfois un job étudiant pour les y aider, etc. " Pour certains, l'entrée en première année à l'université ou dans une école supérieure est un apprentissage de l'autonomie, qui peut se faire brutalement, confirme Florence Vanderstichelen, directrice du Service d'Aide aux Étudiants de l'UCL. Certains peuvent y avoir déjà été préparés, en fonction de l'historique de la famille, de leur rang dans la fratrie... Ceux pour qui l'autonomie est la plus compliquée sont ceux qui doivent tout apprendre : s'assumer seul en kot, découvrir une nouvelle ville, un nouvel établissement, se faire de nouveaux amis, gérer l'argent, résister aux tentations des sorties et autres... Tout dépendra alors du caractère du jeune. " Une étude menée en France en 2003 sur le stress des étudiants et la réussite universitaire (2) montre la relation particulière liée à la liberté nouvellement acquise, à la fois appréciée et redoutée. Les jeunes se sentent alors débordés, incapables de tout mener de front, entre la gestion du temps, les trajets, les loisirs, les courses à faire, les repas à préparer... " Certains jeunes dérapent, font un mauvais usage de cette nouvelle liberté et oublient leurs objectifs. Il est essentiel pour eux de parvenir à établir un équilibre dans leurs activités... ", confirme Florence Vanderstichelen. L'étude pointe aussi l'impact de la capacité à affronter des situations et événements considérés comme stressants dans le domaine pédagogique. La perception des étudiants et les stratégies qu'ils mettent en place pour y faire face seront déterminants dans la réussite. Dans l'échantillon étudié, la moitié des jeunes éprouvaient du stress en fin d'année et son intensité était prédictive de l'échec... De même que le manque de motivation pour réussir l'année ou les examens - ce qui est tout à fait logique - ainsi qu'une vision peu claire du projet professionnel. " Les problèmes financiers sont une autre source importante de stress. On le voit en particulier chez les étudiants issus de familles monoparentales ou étrangers. Les jobs étudiants sont une possibilité, mais ils peuvent aussi générer une angoisse de ne pas disposer de suffisamment de temps pour aller au cours, faire les préparations, étudier... Le service social peut aider les étudiants en souffrance de ce côté-là par une allocation complémentaire, par exemple ", poursuit Florence Vanderstichelen. Les difficultés rencontrées par les jeunes étudiants peuvent donc aussi émaner de la pédagogie de l'université ou de l'école supérieure. En 2005, une recherche sur les difficultés d'apprentissage des étudiants a été menée par le Service des Sciences de l'Education de l'ULB (3). Et des éléments importants y sont pointés. Ainsi, concernant l'enseignement, il faut le temps d'intégrer des concepts neufs, de comprendre des termes inconnus jusqu'alors : les jeunes étudiants doivent accepter de ne pas tout comprendre immédiatement. Cette peur de se sentir " largué " dès le début n'est pas rare et peut générer du stress, voire de la démotivation. Un autre frein à la motivation est le sens donné par l'étudiant aux connaissances nouvelles. Il n'est pas rare qu'il ne trouve aucun intérêt dans les cours. Il est dès lors important qu'il dialogue avec un interlocuteur qui lui démontrera son utilité dans l'exercice d'un métier, qui donnera du sens à l'acquisition de la matière. Lors des examens, les étudiants en 1re année peuvent avoir du mal à identifier les attentes de chaque enseignant, à adapter sa méthode d'étude en fonction du type d'examen (questions ouvertes sur des détails, de réflexion, QCM...). Des étudiants plus âgés peuvent dans ce cas se montrer de précieuses sources d'informations qu'il ne faut pas avoir peur d'aller chercher... Enfin, dans le travail au quotidien, la gestion du temps, la prise de notes, l'organisation des cours, les relations entre les différentes notions sont des aptitudes qu'il est important d'acquérir. Et pour ce faire, il faut y passer du temps, tenter différentes approches, des techniques variées afin de trouver la méthode qui convient le mieux à chacun... Ces constats ont mené à la mise sur pied dans tous les grands établissements supérieurs de services d'aide à la réussite. Ils peuvent porter différentes appellations, mais poursuivent tous le même objectif : accompagner les jeunes étudiants. " Il appartient à l'étudiant de chercher les aides disponibles, car elles sont nombreuses. Ici à l'UCL, par exemple, nous leur proposons des services d'aide sur le plan pédagogique, mais aussi social pour leur intégration dans l'université, des 'ateliers du blocus' pour les aider à gérer cette période qu'ils ne connaissent pas encore avec un blocus encadré et bien mené sur le plan de l'étude et de la santé : séance de méthodologie, périodes d'étude dans des locaux spécifiques, repas équilibrés, séances de questions-réponses avec d'autres étudiants, périodes de loisirs, gestion de stress, activités diverses... tout est planifié, et l'étudiant détermine ses objectifs, réfléchit à ses erreurs et bonnes méthodes de janvier pour les corriger ou les maintenir. C'est particulièrement enrichissant pour les nouveaux venus. "