Le repli sur soi pour éviter la relation au monde et aux autres a été documenté dans de nombreux ouvrages ces dernières années à la mesure de l'amplification du phénomène. L'approche de la psychanalyste Sophie Braun dans La Tentation du repli (1) tranche agréablement dans cette production par le caractère très concret qu'elle livre sur les conséquences de ce...

Le repli sur soi pour éviter la relation au monde et aux autres a été documenté dans de nombreux ouvrages ces dernières années à la mesure de l'amplification du phénomène. L'approche de la psychanalyste Sophie Braun dans La Tentation du repli (1) tranche agréablement dans cette production par le caractère très concret qu'elle livre sur les conséquences de ces troubles, au départ du parcours de certains de ses patients atteints de burn-out ou de phobie scolaire. Elle revient sur les causes de cette tendance sociétale lourde et pointe en particulier l'individualisation encouragée par le capitalisme, la recherche de l'émancipation individuelle qui débouche sur une inflation du Moi, le triomphe de l'idéalité, cette injonction à vivre des vies intenses et merveilleuses où tout est possible... "L'augmentation du nombre des phobies révèle comment la peur est en train de devenir le principal ciment social", note l'auteure. Peur de ne pas être à la hauteur, peur du regard inquisiteur des autres, peur de la compétition permanente, peur des environnements menaçants que la crise sanitaire n'a fait qu'accroître. "Socialement, il devient urgent de mettre en place un système économique et éducatif visant à la construction d'êtres humains et non d'individus tout-puissants de plus en plus absents à eux-mêmes", recommande Sophie Braun. Malgré la progression et l'approfondissement de la propension à ce repli sur soi, les résultats que la psychanalyste a réussi à forger par ses analyses pour améliorer le quotidien d'Eliot, Elise, Mila ou Tom inclinent à penser que la déperdition générale des relations sociales n'est pas inéluctable.