Dans Le Vif/L'Express du 19 septembre (" Les indiscrets "), l'excellent Nicolas De Decker me reproche, tout en me donnant raison sur le fond de mon éditorial (in Regards, septembre 2019), d'avoir " tronqué " une phrase relative à la lutte contre le racisme dans la déclaration gouvernementale bruxelloise. Si je puis concéder que ma citation diffère légèrement de l'original (mea culpa), il est évident qu'elle ne tronque, ni dénature son contenu. Rappelons à tou...

Dans Le Vif/L'Express du 19 septembre (" Les indiscrets "), l'excellent Nicolas De Decker me reproche, tout en me donnant raison sur le fond de mon éditorial (in Regards, septembre 2019), d'avoir " tronqué " une phrase relative à la lutte contre le racisme dans la déclaration gouvernementale bruxelloise. Si je puis concéder que ma citation diffère légèrement de l'original (mea culpa), il est évident qu'elle ne tronque, ni dénature son contenu. Rappelons à toutes fins utiles ce qu'énonce la déclaration gouvernementale (" L'objectif est de cibler la lutte contre certains phénomènes particuliers comme par exemple : [...] la stigmatisation due à un discours récurrent sur la radicalisation et le terrorisme ") et ensuite mon texte : " L'antisémitisme n'est pas nommé à la différence de la stigmatisation à laquelle peut conduire le rappel des attentats islamistes. " La différence ? Le seul fait de qualifier l'origine idéologique du terrorisme. Et pour cause. Si troncation il y a, elle est surtout édulcorante. L'affirmatif du texte original resurgit sous ma plume en conditionnel (" peut "), comme dans l'article de Marie-Cécile Royen du ... Vif/L'Express (" Bruxelles vaut bien un voile ", 15 août dernier), qui fut en effet (second mea culpa) ma source d'inspiration. Le journaliste me reproche, enfin, le " sic " qui clôt la citation désormais sans guillemets. Ce " sic " (" ainsi " en latin) traduit tout simplement mon immense stupeur d'historien et/ou de citoyen à l'idée que l'on ne pourra(it) plus qualifier d'islamistes les attentats commis contre le Musée juif ou encore Charlie Hebdo sous prétexte que l'on risquerait de vexer nos concitoyens musulmans, voire d'être poursuivi pour racisme ! Stupeur, car j'imagine sans peine la réaction de notre journaliste si on lui intimait de ne plus parler des crimes nazis, de la collaboration flamingante pour ne pas heurter nos amis allemands et voisins flamands et/ou risquer d'être condamné pour germanophobie, etc. Je souligne que je dis bien " islamiste " et non pas " musulman ". Je suis de ceux qui pensent que le seul moyen de sauver l'islam des lumières consiste à dénoncer l'islam des ténèbres à l'instar du combat mené le siècle dernier contre l'Eglise ultramontaine et aujourd'hui en Israël contre les forces obscures du nationalisme religieux.