C'est par le biais d'une musique de chambre immersive et comme murmurée que Clara-Lane Lens a franchi les portes de nos perceptions. C'était en décembre 2020, sans avoir la moindre idée de qui elle était. Become yourself / so I can see you soufflait-elle sur un album cosigné par son père, le compositeur Nicholas Lens, et Nick Cave. Paru dans la collection de la prest...

C'est par le biais d'une musique de chambre immersive et comme murmurée que Clara-Lane Lens a franchi les portes de nos perceptions. C'était en décembre 2020, sans avoir la moindre idée de qui elle était. Become yourself / so I can see you soufflait-elle sur un album cosigné par son père, le compositeur Nicholas Lens, et Nick Cave. Paru dans la collection de la prestigieuse maison de disques Deutsche Grammophon, l'opus intitulé L.I.T.A.N.I.E.S. déroulait douze plages hypnotiques imprégnées de l'immobilité du premier confinement. On ignorait alors que la jeune femme pratiquait la peinture avec talent, ce qu'a révélé quelques mois plus tard une désarmante exposition à l'espace de création 254Forest. L' artiste, née à Bruxelles mais qui vit et peint à Berlin, y donnait à voir They Never Used to Talk Much, une série de portraits intimes dont le point de départ consistait dans la représentation d'une jeune fille à l'allure androgyne. Les différentes toiles alignées avaient en commun cette fascination pour les êtres refusant de se laisser définir par une catégorie sexuelle. Pas question pour Clara-Lane Lens de faire de cette pratique un argument de vente ou le manifeste d'un engagement politique. L' approche consiste davantage en une exploration et en la constitution d'un "safe space", un environnement rassurant à l'usage de ceux que menace la non-appartenance aux cases patriarcales. Passé à côté de cette exposition bouleversante? Une galerie d'un nouveau genre, that's what x said, dédie son accrochage inaugural à la délicatesse des peintures de Clara-Lane Lens. L' occasion d'y découvrir sa pratique qui transcende la question du genre pour, comme le dit le duo qui l'accueille, Elisa Huberty et Rébecca Prosper, "ne laisser place qu'à la personne en soi".