La peur est humaine, elle est normale et même saine, puisqu'elle nous protège. Mais parfois, elle nous paralyse et restreint nos activités. Elle nous fait parfois entrer dans un cercle vicieux. Certaines personnes qui vivent avec la peur et ont appris à la gérer veulent nous aider à arriver à la dominer: d'anciens membres des Forces Spéciales, devenus, entre autres, explorateurs et alpinistes. C'est le cas de Ant Middleton, qui a publié "The Fear Bubble" ("La Bulle de la peur", ndlr), pour expliquer, à partir de diverses situations, comment il gère ce stress. Même si les situations qu'il décrit sont exceptionnelles, les enseignements qu'il en a retirés peuvent être transposés à des situations plus courantes, et ses recettes peuvent s'appliquer à tout le monde. Dans le même ordre d'idée, Jason Fox, auteur de "Life under Fire" ("La vie sous le feu", ndlr), prend davantage de recul mais propose les mêmes o...

La peur est humaine, elle est normale et même saine, puisqu'elle nous protège. Mais parfois, elle nous paralyse et restreint nos activités. Elle nous fait parfois entrer dans un cercle vicieux. Certaines personnes qui vivent avec la peur et ont appris à la gérer veulent nous aider à arriver à la dominer: d'anciens membres des Forces Spéciales, devenus, entre autres, explorateurs et alpinistes. C'est le cas de Ant Middleton, qui a publié "The Fear Bubble" ("La Bulle de la peur", ndlr), pour expliquer, à partir de diverses situations, comment il gère ce stress. Même si les situations qu'il décrit sont exceptionnelles, les enseignements qu'il en a retirés peuvent être transposés à des situations plus courantes, et ses recettes peuvent s'appliquer à tout le monde. Dans le même ordre d'idée, Jason Fox, auteur de "Life under Fire" ("La vie sous le feu", ndlr), prend davantage de recul mais propose les mêmes outils. Ant Middleton a été pris d'angoisse entre deux missions de six mois en Afghanistan. "Je ne trouvais plus le sommeil. J'ai alors décortiqué mon anxiété: la vie au camp, gardé par des soldats entraînés, est assez sûre. Ça n'a pas suffi: les SAS/SBS se chargent des missions les plus périlleuses. J'ai poursuivi mon analyse: le transport de nuit est discret et sûr, de même que le drop-off et la marche jusqu'à l'objectif. Mais je suis l'homme de pointe. Je dois neutraliser le garde. C'est là que se situe le principal danger. C'est là que j'ai besoin d'adrénaline. En réduisant la bulle de ma peur à ce moment, je limite mon exposition au stress et je me concentre. Sur place, si je ne me sens pas prêt, j'attends un instant, je vérifie les paramètres, je respire à fond." Jason Fox explique pour sa part: "Tout est question de préparation, de prudence, de patience. Il faut procéder pas à pas. Chaque pas est une victoire." Transposons maintenant leurs conseils dans la vie quotidienne. Imaginez une chute de vélo. Une fois rétabli, vous avez peur de reprendre votre sport, même s'il vous manque. Analysez les causes de la chute et éliminez-les: changez de pédales, vérifiez l'état des pneus et de la chaîne si l'accident est dû à un problème mécanique. Au début, évitez les routes si vous avez été renversé, ou la boue si vous avez dérapé. Analysez: quand précisément avez-vous été en danger? à partir de cette réflexion, reprenez votre vélo et recommencez à rouler lentement, prudemment, sur un ravel, par exemple, pour reprendre confiance. Concentrez-vous sur le moment ou l'endroit, le plus court possible, de l'accident, avant de le réaffronter. Ça ne va toujours pas? Ce n'est rien, attendez avant de recommencer. N'hésitez pas à demander à un ami de vous accompagner, si ça vous rassure. "Il faut connaître ses démons pour les apprivoiser mais notre ego peut nous en empêcher, comme il peut nous dissuader de demander de l'aide", précise Jason Fox. "Ravalez votre fierté et demandez-vous si cette peur va ruiner les efforts passés et vous priver de votre plaisir." Un autre exemple? Un ami a glissé sur un pont en bois mouillé et s'est blessé au poignet. Depuis, il évite toutes les surfaces en bois alors qu'il adore les Fagnes... où abondent les caillebotis, ces petits chemins en bois. Il peut choisir une promenade qu'il connaît, par temps sec, qu'il a déjà faite sans souci et qui ne comporte pas trop de passages en bois, pour limiter les moments passés sur le revêtement qu'il redoute. Middleton détermine quatre types de peur: celle de l'échec, de la douleur, du conflit, et la peur secrète, tapie au fond de nous. La peur du conflit n'intervient pas après un accident. "En revanche, la peur secrète peut nous paralyser. L'accident devient une excuse pour renoncer à une activité, ne plus vivre. C'est ce que j'appelle le 'maybe': je vais peut-être retomber, peut-être échouer à nouveau, peut-être avoir mal, je ne suis peut-être pas assez bon. L'expérience désagréable combinée à l'anticipation de ce qui pourrait arriver alimente la peur, surtout si on est d'un naturel pessimiste. Le cerveau se remémore la douleur au moindre stimulus. Et plus le moment de la confrontation approche, plus on a peur. Le corps réagit: l'estomac se crispe, l'adrénaline gicle dans le sang, le pouls s'accélère. En réalité, le corps se prépare. Il faut l'accepter et se concentrer sur le moment, passer à l'action." Un dernier conseil: évitez ceux qui vous répètent "Fais attention"...