Quelques chiffres valent parfois mieux que de longs discours. Vingt-sept pour cent des étudiants inscrits dans le supérieur flamand finissent par décrocher, sans diplôme et non sans frustration. Ils sont deux tiers à ne pas boucler les trois ans de bachelier dans les temps réglementaires. Ça suffit. Assez de moyens et d'énergie gaspillés, a tranché Ben Weyts. Le ministre de l'Enseignement entend siffler la fin de la récré en ...

Quelques chiffres valent parfois mieux que de longs discours. Vingt-sept pour cent des étudiants inscrits dans le supérieur flamand finissent par décrocher, sans diplôme et non sans frustration. Ils sont deux tiers à ne pas boucler les trois ans de bachelier dans les temps réglementaires. Ça suffit. Assez de moyens et d'énergie gaspillés, a tranché Ben Weyts. Le ministre de l'Enseignement entend siffler la fin de la récré en s'attaquant résolument à la procrastination, cette tendance trop répandue à son goût à reporter systématiquement les problèmes et à traîner des casseroles en cours d'études. Le couperet, initialement envisagé lors du passage de bachelier à master, sera actionné plus précocement que prévu par l'accord de gouvernement flamand: à dater de l'année académique 2023-2024, il ne sera plus question d'entamer sa troisième et dernière année de bachelier sans avoir absorbé avec succès toutes les matières programmées en première. "Nous éviterons ainsi les drames individuels qui surviennent quand on arrive en fin de formation avec des cailloux dans la chaussure", explique Ben Weyts pour justifier "des réformes assez révolutionnaires au regard des normes flamandes et qui ne seront sans doute pas populaires aux yeux de certains". Des dispositifs seront mis en place pour éviter autant que possible aux étudiants d'avoir à souffrir de ce pénible moment de vérité. Des tests préalables seront progressivement introduits avant de s'embarquer dans une filière afin que le jeune prenne conscience de la voie dans laquelle il veut s'engager, du niveau de qualité exigé et du degré de difficulté qui l'attend, avec, en cas de lacunes constatées, un passage par une remédiation si l'étudiant persiste dans son choix. Si le parcours malgré tout emprunté s'avère anormalement laborieux, une invitation à une réorientation sera envoyée rapidement à ceux qui pataugent. La formule "the right man in the right place" à la sauce scolaire est plus que jamais inscrite à l'agenda de l'enseignement flamand.