Bruxelles-Ville est impossible à analyser dans son ensemble. Et pour cause, outre le Pentagone, elle s'étend le long du canal pour englober Laeken, Neder-Over-Heembeek et Haren, au nord. Tandis que, passant outre son goulet, elle suit l'avenue Louise et annexe le bois de la Cambre et l'avenue Franklin Roosevelt, au sud. Sans oublier une pointe à l'est, jusqu'au square Ambiorix et au parc du Cinquantenaire. Un territoire qui n'est pas seulement disparate géographiquement, mais aussi culturellement, socialement et... budgétairement. Av...

Bruxelles-Ville est impossible à analyser dans son ensemble. Et pour cause, outre le Pentagone, elle s'étend le long du canal pour englober Laeken, Neder-Over-Heembeek et Haren, au nord. Tandis que, passant outre son goulet, elle suit l'avenue Louise et annexe le bois de la Cambre et l'avenue Franklin Roosevelt, au sud. Sans oublier une pointe à l'est, jusqu'au square Ambiorix et au parc du Cinquantenaire. Un territoire qui n'est pas seulement disparate géographiquement, mais aussi culturellement, socialement et... budgétairement. Avec les écarts que l'on devine au sein de son public de candidats acquéreurs. En haut de l'échelle, le géomètre expert Marc Dekeuleneer désigne, sans surprise, les eurocrates, ambassadeurs et riches Bruxellois, qui affectionnent les quartiers Louise, Roosevelt et Cambre. Il ajoute à demi-mot que beaucoup d'étrangers aisés y possèdent un bel appartement leur servant de seconde résidence, dont ils profitent le temps d'un week-end. " Ces belles avenues et les abords du bois ont toujours été très haut de gamme ", assure-t-il. Ce n'est certes pas là qu'il faut regarder pour observer du mouvement. Et donc, du potentiel. L'entité de Laeken est, en la matière, plus dynamique. " Depuis trente à quarante ans, le vieux Laeken, autour de la place Emile Bockstael, est pris d'assaut par une population immigrée à pouvoir d'achat faible à moyen ", observe Marc Dekeuleneer. Laquelle, quand son budget le lui permet, migre volontiers vers la partie nord des ensembles résidentiels qui longent l'avenue Houba de Strooper, entre le stade Roi Baudouin et l'hôpital Brugmann. De l'autre côté du domaine royal, le quartier des Pagodes, d'après l'avenue du même nom, est plus prisé encore. " C'est là que se trouvent les seules villas à la ronde et c'est celui qui a le meilleur standing ", ponctue le géomètre. Haren, quoique fort calme actuellement, est également à surveiller. Parce qu'elle jouxte Evere, appelée à monter en puissance, mais aussi Schaerbeek- Formation, dont le développement a été identifié comme stratégique par la Région bruxelloise. Enfin, le pentagone est très couru. Du moins pour ce qui est de ses quartiers Sainte-Catherine et Dansaert. Les immeubles unifamiliaux - dont l'état laisse généralement à désirer - y sont avidement recherchés par les jeunes comme les investisseurs, qui les rénovent en masse. Ce qui n'est pas toujours une réussite, déplore Marc Dekeuleneer. " Le résultat n'est pas forcément d'un bon rapport qualité-prix au regard des tarifs pratiqués, très élevés. " Par ailleurs, certaines rues, comme celle de la Senne, ont bénéficié de contrats de quartiers et donc, d'un " nouveau souffle ". UN DOSSIER DE FRÉDÉRIQUE MASQUELIER