Des pilules qui préparent la peau au soleil ou, mieux encore, qui vous donnent un teint hâlé avant de voir le moindre rayon de soleil ? Il en existe aujourd'hui dans les rayons beauté de tous les supermarchés. Servent-elles à quelque chose, tiennent-elles leurs promesses et, surtout, sont-elles sans danger ? Nous avons posé ces questions au Pr Jo Lambert, dermatologue à l'hôpital universitaire de Gand. Sa réponse est nuancée : " Ces pilules apportent une protection supplémentaire correspondant plus ou moins à l'effet d'une crème de facteur de protection 4 contre l'effet nocif des rayons ultraviolets. Ce n'est donc pas suffisant et il faut les combiner avec une crème solaire pour obtenir un degré de protection ...

Des pilules qui préparent la peau au soleil ou, mieux encore, qui vous donnent un teint hâlé avant de voir le moindre rayon de soleil ? Il en existe aujourd'hui dans les rayons beauté de tous les supermarchés. Servent-elles à quelque chose, tiennent-elles leurs promesses et, surtout, sont-elles sans danger ? Nous avons posé ces questions au Pr Jo Lambert, dermatologue à l'hôpital universitaire de Gand. Sa réponse est nuancée : " Ces pilules apportent une protection supplémentaire correspondant plus ou moins à l'effet d'une crème de facteur de protection 4 contre l'effet nocif des rayons ultraviolets. Ce n'est donc pas suffisant et il faut les combiner avec une crème solaire pour obtenir un degré de protection valable. " Le principe de ces pilules à bronzer est de fournir un supplément d'antioxydants, entre autres de vitamine E, censés réparer les dégâts produits par les radicaux libres (principalement induits par les UVA). Des études montrent que ces suppléments diminuent effectivement le risque de coups de soleil, mais qu'ils sont trop faiblement dosés pour garantir une protection suffisante contre les effets délétères des rayons UVA et UVB. " Les fabricants se montrent très prudents en ce qui concerne les doses d'antioxydants administrés via des suppléments alimentaires, car on ne connaît pas encore bien leurs risques. A trop fortes doses, ils pourraient même être cancérigènes. " Les pilules ne permettent donc pas de faire l'économie de la crème protectrice. Certaines de ces pilules contiennent aussi des antioxydants de la famille des caroténoïdes, comme le bêtacarotène et le lycopène, deux pigments naturels qui donnent à la peau une légère coloration brune sans le moindre rayon de soleil, à condition toutefois d'en prendre suffisamment longtemps. Le bêtacarotène, c'est le pigment qui donne aux carottes leur couleur orange, et le lycopène, celui qui confère aux tomates leur beau rouge profond... " La prise de ces deux substances à long terme assure une coloration orange-brune de la peau, confirme le Pr Lambert. Surtout des paumes des mains... " On atteint d'ailleurs le même résultat en mangeant beaucoup de carottes et de tomates séchées ou de sauce aux tomates (le lycopène est mieux assimilé en présence de matière grasse). Inutile de préciser que cette belle coloration maraîchère ne confère aucune protection contre les rayons UV, puisque seul un vrai bronzage (c'est-à-dire une augmentation de la mélanine dans les couches basales de la peau) est protecteur. L'arsenal de produits autobronzants s'est considérablement élargi et perfectionné ces derniers temps. Les nouveaux autobronzants sont plus faciles à appliquer (parfois même vaporisés sur le corps dans une " douche " spéciale) et leur effet est donc plus uniforme. Mais comment fonctionnent-ils ? Comme l'explique le Pr Lambert, " les autobronzants contiennent du dihydroxyacétone qui réagit avec les acides aminés présents dans la couche cornée de la peau et les oxydes, ce qui provoque une coloration brune. Ils agissent très superficiellement et sont donc aussi sans danger. Le seul risque de cet autobronzage... c'est de se croire protégé et de négliger les crèmes solaires ". Car ici non plus, la coloration n'a rien à voir avec un vrai écran de mélanine. Dernier-né dans cette course au bronzage, le melanotan est une hormone synthétique illégale qui active la production de mélanine par les mélanocytes. Elle doit être administrée par injection sous-cutanée, et existe même en implants. Le Pr Lambert déconseille vivement d'y recourir, car les risques à long terme ne sont pas connus, et il est fort imprudent de jouer à l'aveuglette avec notre système hormonal. Marleen Finoulst