Les déclarations de Bart Maddens (voir Le Vif/L'Express du 19 juin), politologue à la KUL et maître à penser du président de la N-VA, Bart De Wever, devraient ôter définitivement tout espoir à ceux qui pensent que la Belgique a encore un avenir. Maddens commence par rappeler que les partis nationalistes ou ultraflamingants ont obtenu 37,1 % des voix. Du jamais-vu en Flandre. Il propose ensuite de laisser pourrir la situation institutionnelle jusqu'à ce que les francophones, totalement fauchés, viennent eux-mêmes implorer une nouvelle r...

Les déclarations de Bart Maddens (voir Le Vif/L'Express du 19 juin), politologue à la KUL et maître à penser du président de la N-VA, Bart De Wever, devraient ôter définitivement tout espoir à ceux qui pensent que la Belgique a encore un avenir. Maddens commence par rappeler que les partis nationalistes ou ultraflamingants ont obtenu 37,1 % des voix. Du jamais-vu en Flandre. Il propose ensuite de laisser pourrir la situation institutionnelle jusqu'à ce que les francophones, totalement fauchés, viennent eux-mêmes implorer une nouvelle réforme de l'Etat. En attendant, poursuit-il, la Flandre doit utiliser au maximum ses propres compétences, sans dépasser les frontières de la légalité. Et de citer, comme exemple, le relèvement des allocations familiales, couplé aux allocations d'études. Une sorte de sécurité sociale purement flamande. Le mot est lâché : une sécurité sociale purement flamande ! Dans son éditorial du Het Laatste Nieuws du 18 juin, Luc Van Der Kelen qualifie une telle attitude de comportement incivique, puisque cela reviendrait à une usurpation . Mais Maddens n'en a cure : si les formations traditionnelles acceptent la N-VA, comment feront-elles pour reprendre un dialogue dont les nationalistes ne veulent pas ? Quel lapin Peeters sortira-t-il de son chapeau ? Forts de leur succès électoral, les nationalistes flamands sont donc disposés à tenter le coup de force. De là à ce que le parlement flamand, lassé de voir ses résolutions de 1999 restées lettre morte, suive l'exemple... Bref, le documentaire de la RTBF de décembre 2006 - Bye-bye Belgium - pourrait fort bien passer de la fiction à la réalité... Dans un tel contexte critique, la possibilité d'une crise gouvernementale à l'automne apparaît tout à fait plausible. Mais le Premier ministre, Herman Van Rompuy, a déjà indiqué que des élections législatives seraient inconstitutionnelles en l'absence d'application de l'arrêt de la Cour constitutionnelle concernant Bruxelles-Hal-Vilvorde. Plus de gouvernement et impossibilité d'organiser de nouvelles élections : c'est la quadrature du cercle. En fait, l'implosion de l'Etat ! Pourtant, les responsables politiques francophones se refusent à voir la réalité en face et continuent d'agir comme si la Belgique était vouée à l'immortalité. Ils ne veulent pas comprendre que rien ni personne ne pourra empêcher l'Etat-nation flamand de prendre son envol. Les Etats généraux de Wallonie, qui se sont tenus à Liège le 9 mai dernier, se sont penchés sur les différentes options d'avenir possibles pour l'après-Belgique (www.etatsgenerauxdewallonie.net). Puissent les nouveaux élus wallons relayer d'urgence cette initiative citoyenne et pluraliste. Car rien n'est plus néfaste en politique que de devoir réagir dans l'improvisation. n Jules Gheude, par courriel