Voilà plus de quinze ans que ce gigantesque terrain vague bosselé s'affiche comme un échec, à l'une des portes de la ville. Quatre hectares de terres inexploitées, pour lesquelles les autorités ont peiné à trouver une nouvelle exploitation, les services hospitaliers ayant pris leurs quartiers à la Citadelle et au CHU du Sart Tilman. Et pour cause, Tractebel, propriétaire du site, en demandait une somme astronomique : 6 millions d'euros. Quelques projets se sont bien succédé, mais sans jamais voir le jour. Jusqu'au moment où la Ville a contraint le propriétaire à lancer une procédure d'appel d'offres international. En ...

Voilà plus de quinze ans que ce gigantesque terrain vague bosselé s'affiche comme un échec, à l'une des portes de la ville. Quatre hectares de terres inexploitées, pour lesquelles les autorités ont peiné à trouver une nouvelle exploitation, les services hospitaliers ayant pris leurs quartiers à la Citadelle et au CHU du Sart Tilman. Et pour cause, Tractebel, propriétaire du site, en demandait une somme astronomique : 6 millions d'euros. Quelques projets se sont bien succédé, mais sans jamais voir le jour. Jusqu'au moment où la Ville a contraint le propriétaire à lancer une procédure d'appel d'offres international. En 2006, on croit voir le bout du tunnel : Himmos remporte le marché. Le projet ? 600 logements, des commerces, une crèche et un hall omnisports. La vieille chapelle, l'ancienne entrée de l'hôpital et le bâtiment accueillant autrefois la stomatologie seront préservés. Tout comme la dentisterie, à l'autre bout du terrain. Coût de l'investissement : plus de 100 millions d'euros. Le prix pour faire renaître le quartier des cendres de l'ancien hôpital. Mais pas question de réaliser l'ensemble en une fois. La première des quatre phases débute courant 2008 : 180 logements, une dizaine de commerces, des parkings et plus de 10 000 m2 d'espaces publics arborés compris entre le quai de la Dérivation, la rue des Bonnes Villes et un morceau du boulevard de la Constitution doivent sortir de terre. Mais on ne passera pas le cap du terrassement. En décembre, la maison mère de Himmos, Heijmans, a sorti le drapeau rouge. " Dans le climat actuel, nous ne pouvons pas continuer le projet, assure Sicco Ladewig, responsable du dossier. Les banques ont revu les conditions d'obtention des crédits. Aujourd'hui, elles nous demandent de vendre 70 % des logements sur plan pour nous financer. La seule solution pour redémarrer le projet, c'est de trouver des investisseurs qui acceptent de les prendre en charge. Autant dire qu'à l'heure où les candidats acheteurs sont plutôt frileux, c'est impossible. "A quand le dégel ? Rien n'est programmé. Ce nouveau quartier finira-t-il enfin par voir le jour ? " Huit ou neuf millions d'euros ont déjà été investis, calcule Michel Firket, échevin de l'Urbanisme. Tôt ou tard, Himmos devra continuer. La société perdrait trop à stopper définitivement le chantier . " En attendant, faute de mieux, cette dernière cherche à changer l'image du site. Car les squatteurs reprennent déjà du terrain, dans les vieux bâtiments de l'hôpital encore debout. Sous peu, ces immeubles devraient être à nouveau confiés à la société Lancelot, qui protège les locaux vacants en leur donnant des occupants provisoires. Le reste du site sera également affecté provisoirement. Car, si les engins s'activent à nouveau, depuis quelques semaines, c'est pour libérer de l'espace... Himmos a proposé à la Ville d'y installer gratuitement un opéra de campagne, pour 18 mois. Le temps pour Liège de rénover le bâtiment historique du centre-ville. Mais rien qui puisse bloquer une éventuelle reprise des travaux : si ce chapiteau des plus particuliers sera déployé en juin, ce sera à l'autre bout du terrain. A-C. D.B.