Une synagogue. Un musée. Une rédaction. Un Hyper Cacher. Des terrasses de restaurants et cafés. Un stade. Une salle de concert. Un train. Un métro. Un aéroport. Une foule, le jour de la Fête nationale. Une église... Et, sans doute, peut-être, demain ou après-demain, un parc d'attraction, une école, un centre commercial, un cinéma, un embouteillage... Si quelqu'un, en cette partie du monde jusqu'il y a peu considérée comme la plus sûre de la planète, n'avait pas encore bien compris, rappelez-le lui : depuis les attentats de Paris, surtout ceux de novembre dernier, tout habitant d'Europe occidentale, homme ou femme, enfant ou ancien, né ou no...

Une synagogue. Un musée. Une rédaction. Un Hyper Cacher. Des terrasses de restaurants et cafés. Un stade. Une salle de concert. Un train. Un métro. Un aéroport. Une foule, le jour de la Fête nationale. Une église... Et, sans doute, peut-être, demain ou après-demain, un parc d'attraction, une école, un centre commercial, un cinéma, un embouteillage... Si quelqu'un, en cette partie du monde jusqu'il y a peu considérée comme la plus sûre de la planète, n'avait pas encore bien compris, rappelez-le lui : depuis les attentats de Paris, surtout ceux de novembre dernier, tout habitant d'Europe occidentale, homme ou femme, enfant ou ancien, né ou non ici, peut, à tout moment, sur ses terres, mourir dans une attaque techniquement qualifiable de terroriste. Une attaque pas forcément ourdie depuis le QG de l'Etat islamique. Une attaque pas nécessairement menée par des djihadistes passés par la Syrie. Une attaque pas obligatoirement imaginée par un jeune désoeuvré, ni un ex-taulard, ni un radicalisé de longue date. Dans n'importe lequel de nos pays, désormais, et pour un bon moment, ça paraît évident, la menace survient de n'importe qui, n'importe où, n'importe quand, n'importe comment. Et, on est en droit aussi de l'affirmer, pour n'importe quelle raison, quand bien même Daech continuera à revendiquer tout ce qui sert sa cause - instaurer le chaos dans nos contrées. Pour les anéantir. Ce qui importe désormais, dès lors, et sans plus attendre, c'est de limiter les dégâts. D'empêcher la psychose, la contamination, la propagation de la fureur et de la violence. En restant, ou en redevenant, ce que l'écrasante majorité de nos parents nous ont souhaités, et permis d'être, au sortir de l'horreur sans nom que fut la Seconde Guerre mondiale : des citoyens éclairés, tolérants et justes. Avec, tous, et pas qu'en théorie, le même accès au savoir, à la culture, au bien-être et à la réussite. Ce que résumait Michelle Obama, dans son discours du 25 juillet, à l'ouverture de la convention démocrate américaine, en une phrase aussi cinglante à l'endroit de tous les extrémistes que revigorante pour ceux qui misent encore et toujours sur l'intelligence : " Lorsque quelqu'un est cruel ou agit comme une brute, on ne s'abaisse pas à son niveau. " Ou ce que le Premier ministre norvégien, Jens Stoltenberg, sublimait, après les massacres commis à Oslo et Utoya, il y a cinq ans, par Anders Breivik : " Vous ne détruirez pas notre démocratie et notre engagement pour rendre le monde meilleur. Aucune bombe ou aucune fusillade ne nous fera taire. Nous ne devons pas renoncer à nos valeurs. Nous devons montrer que notre société ouverte peut faire face à cette épreuve. Que la meilleure réponse à la violence est encore plus de démocratie. Encore plus d'humanité. Mais jamais de naïveté. C'est quelque chose que nous devons aux victimes et à leurs familles. " Ni surenchère ni angélisme, donc. Mais des actes. Concrets. Immédiats mais portant loin. Nos actes. A nous, dirigeants, médias et citoyens. Pour enrayer ce qui ressemble clairement à une spirale infernale. C'est ce que nous proposons, de façon très concrète, dans ce numéro. Thierry Fiorilli" Lorsque quelqu'un est cruel ou agit comme une brute, on ne s'abaisse pas à son niveau "