S'il est une famille qui peut se targuer d'avoir largement contribué à la qualité du patrimoine bruxellois, c'est bien celle-là ! Depuis le xviie siècle, les van Dievoet façonnent la ville à coups de crayon d'architecte et de burin de sculpteur, et ils n'ont pas à rougir face aux maîtres que sont Horta, Hankar et Poelaert...
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S'il est une famille qui peut se targuer d'avoir largement contribué à la qualité du patrimoine bruxellois, c'est bien celle-là ! Depuis le xviie siècle, les van Dievoet façonnent la ville à coups de crayon d'architecte et de burin de sculpteur, et ils n'ont pas à rougir face aux maîtres que sont Horta, Hankar et Poelaert... On retrouve déjà des traces de cette lignée d'artistes et d'architectes au début du xviie siècle, parmi les bourgeois de Bruxelles. En 1654, Gilles van Dievoet et son épouse Catherine Slachmeulder donnent naissance à Philippe. Fort d'une formation d'orfèvre et de joaillier, ce dernier partira ensuite à Paris et deviendra conseiller de Louis XIV. Le roi francisera même le nom de l'artiste bruxellois qui s'appellera Vandive pour la postérité. Parallèlement, Gilles, devenu veuf, s'est remarié. De son union avec Gertrude Zeevaert va naître Pierre. Le jeune garçon devient sculpteur mais, contrairement à son demi-frère, il décide de faire profiter Bruxelles de ses talents artistiques. Après quelques années passées à Londres, où il aurait notamment sculpté la statue de Jacques II, le second fils de Gilles rentre donc au pays natal. Bien lui en prend puisque, dès son retour, il se voit confier une £uvre colossale : la décoration de plusieurs façades d'une certaine... Grand-Place. On lui doit notamment les décorations des maisons des Brasseurs, des Tailleurs, etc. Pierre façonnera aussi un bas-relief, L'Agneau blanc, encore visible au Marché-aux-Herbes, mais dont l'état actuel de vétusté inquiète les descendants de la famille. Deux générations plus tard, c'est l'amour qui rapproche à nouveau les van Dievoet de l'architecture. Eugène, arrière-petit-neveu de Pierre van Dievoet, épouse Hortense Poelaert, qui n'est autre que la s£ur de Joseph Poelaert, architecte du palais de Justice. Les enfants d'Eugène et d'Hortense, Henri et Gabriel, vont marcher sur les pas de leur grand-oncle. Ainsi, l'architecte Henri van Dievoet signe, au début du xxe siècle, de grands bâtiments bruxellois, tel l'hôtel Astoria de la rue Royale, mais aussi une aile de l'Ecole royale militaire avenue de la Renaissance ou encore l'Arsenal du Charroi, boulevard Louis Schmidt. De son côté, Gabriel opte pour la décoration et il se spécialise dans les sgraffites, typiques de l'Art nouveau. Avec ses décors floraux stylisés et ses bustes de femmes, il va marquer de son empreinte des centaines de façades et d'intérieurs bruxellois. Mais la succession ne s'arrête pas là. Paul, fils d'Henri, et Léon, fils de Gabriel, deviennent à leur tour architectes. Le premier est nommé architecte communal à Schaerbeek et le second réalise de nombreux bâtiments à travers toute la capitale. Les traces de son £uvre peuvent être retrouvées aux Archives d'architecture moderne, où elles sont conservées. Toute sa vie durant, Léon réalisera également des dessins de nombreux lieux désormais détruits de la capitale : une mine d'informations pour tous ceux qui s'intéressent au Bruxelles d'antan. Si cette famille s'est distinguée par un talent certain pour les arts, d'autres de ses membres ont aussi marqué de leur empreinte le territoire bruxellois, comme Jules van Dievoet, avocat à la Cour de cassation et beau-fils du bourgmestre Jules Anspach, ou Pierre Jacques Joseph, un chanoine dont la tombe est encore visible à la collégiale Saint-Pierre à Anderlecht. Aujourd'hui, plusieurs van Dievoet habitent toujours la capitale dessinée, en partie, par leurs aïeux. F. By