Bruno Beltrão est un enfant des années 1980. Il est sans doute difficile pour les ados d'aujourd'hui d'imaginer à quoi ça pouvait ressembler de grandir dans cette décennie, sans Internet et sans smartphone. Une époque où, si on n'avait pas assez de thune pour acheter le CD single, il fallait guetter sur son radio-cassette la diffusion du tube du moment pour tenter de le capturer sur bande. Une époque où la chaîne MTV (lancée en 1981) a popularisé les vidéo-clips et où toute une jeunesse avide d'images imitait les pas et le look des stars américaines. C'était les débuts du hip-hop, du rap. Les icônes US adulées en Europe rayonnaient aussi directement vers le sud, sur le même continent. Originaire de Niteroi, ville située face à Rio de Janeiro dans la baie de Guanabara, Bruno Beltrão cite comme modèles MC Hammer, Sir Mix-a-Lot, Vanilla Ice, Steve B., Run DMC, Salt-N-Pepa, Us3, Michael Jackson... " Je n'ai pas commencé à danser avec le hip-hop traditionnel, explique-t-il. Je n'étais pas dans la rue, je n'avais pas d'intention politique. J'aimais juste ce que je voyais dans ces clips américains et j'essayais d'apprendre ces mouvements. En fait, ma génération a découvert le hip-hop présenté à la télévision, qui était très différent de ce qui se passait dans les milieux underground aux USA dans les nineties. "
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