Le 13 octobre prochain, au QG de l'armée à Evere, sera présenté au roi un nouveau plan de coupes claires dans les effectifs et les infrastructures militaires. Une note de synthèse " confidentielle ", mais vite éventée, de Charles-Henri Delcourt, le patron de l'armée, a déjà évoqué la suppression de près de 40 % des quartiers et une diminution du personnel de 4 000 hommes d'ici à 2013 et de 8 000 d'ici à 2015. L'armée belge ne compterait plus alors que quelque 30 000 hommes, dont 2 000 civils.
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Le 13 octobre prochain, au QG de l'armée à Evere, sera présenté au roi un nouveau plan de coupes claires dans les effectifs et les infrastructures militaires. Une note de synthèse " confidentielle ", mais vite éventée, de Charles-Henri Delcourt, le patron de l'armée, a déjà évoqué la suppression de près de 40 % des quartiers et une diminution du personnel de 4 000 hommes d'ici à 2013 et de 8 000 d'ici à 2015. L'armée belge ne compterait plus alors que quelque 30 000 hommes, dont 2 000 civils. " Des restructurations s'imposent, mais aucun licenciement n'est prévu ", promet Pieter De Crem, le ministre CD&V de la Défense, qui tablerait sur les départs naturels. Les syndicats restent dubitatifs. D'autant que le " trou " budgétaire attendu à la Défense pourrait atteindre 133 millions d'euros fin 2009, auxquels s'ajoutent 97 millions réclamés à la défense dans le cadre des économies budgétaires. " Face à ce gouffre, il n'y aura pas d'autre solution que de faire passer rapidement à la trappe 4 000 hommes, pronostique Patrick Descy, de la CGSP-Défense. Le ministre compte réduire de 61 à 50 % la part du personnel dans les dépenses. Cela confirme l'objectif de supprimer 4 000 postes. Si ces militaires ne sont pas licenciés, où va-t-on les muter ? Les communes n'ont pas les moyens d'en récupérer, le Service public des Finances non plus, et l'on attend toujours un protocole d'accord avec les prisons. "Pas simple, en outre, de concilier une participation accrue aux opérations internationales avec une marge budgétaire restreinte. Le général en chef Delcourt a prévenu qu'il mettrait son veto à tout nouveau déploiement de forces en Afghanistan ou ailleurs, avant de démentir toute divergence de vues avec son ministre. C'est que, du côté de l'Otan, les pressions s'accentuent. Le nouveau secrétaire général de l'organisation, le Danois Anders Fogh Rasmussen, réclame plus d'instructeurs belges pour former l'armée et la police afghanes. L'autre point de friction est l'annonce de la fermeture d'une douzaine de casernes sur trente, soit 40 % du total. La base de Bierset, où stationnent une trentaine d'hélicos Agusta et 750 militaires, s'attendait à faire partie des sacrifiées. Mais la brutalité de l'annonce faite par De Crem de la suppression du site liégeois a choqué à l'armée et dans le monde politique. Pilotes et techniciens seront recasés à Beauvechain. Mais que fera-t-on du reste du personnel ? Le cas de la pharmacie centrale, qui quitterait Nivelles pour Neder-over-Heembeek, laisse sceptiques nos interlocuteurs à l'armée. " Des millions d'euros ont été investis dans le stockage des produits, relève un militaire de la composante médicale. L'annonce de la fermeture éventuelle de Nivelles, fief de l'ex-ministre de la Défense André Flahaut, n'est sans doute qu'une provocation de De Crem destinée à son ennemi préféré. "olivier rogeau