Selon Joël Rubinfeld (Le Vif/L'Express du 28 février dernier), l'antisionisme est la déclinaison de l'antisémitisme. Sa vision des choses est indiscutable et bien argumentée. Néanmoins, de là à dire que les personnes se disant antisionistes sont des antisémites... il y a un pas à ne pas franchir sauf avec beaucoup de précautions. En effet, la vraie définition des mots tend de plus en plus à s'évaporer au fil des temps. Exemple fréquent, bien des personnes disent que dans telle ou telle société, le " gouvernement " a un certain pourcentage des parts... Evidemment, il ne s'agit pas des gouvernements (qui passent) mais de l'Etat (qui reste). Bien des gens croient que les climatosceptiques sont ceux qui ne croient pas au réchauffement climatique alors qu'ils ne le contestent pas mais réfutent la responsabilité des activités humaines dans ces dérèglements climatiques. Qui, de nos jours, connaît vraiment (dans le grand public) l'histoire des Juifs à travers les temps, l'histoire d'Israël ? Qui connaît la vraie signification du terme " sionisme " ? Beaucoup de personnes se disant " antisionistes " croient, à tort bien sûr, qu'il s'agit là d'une définition correspondant à leur aversion pour la politique d'Israël. Ou tout simplement leur désaccord avec sa politique. Ces personnes se qualifient " antisionistes " alors qu'elles sont simplement contre la forme colonialiste d'Israël. Ces personnes qui sont de bonne foi par rapport à un terme qu'elles utilisent erronément ne sont donc pas, automatiquement, antisémites. Pour rappel, la quasi-totalité des associations juives de par le monde s'accorde pour dire que critiquer la politique d'Israël n'est pas de l'antisémitisme.

Etienne Bertrand, Waremme