Le Vif/l'Express du 20 février commente le retrait de la candidature à la mairie de Paris de Benjamin Griveaux, empêtré dans une affaire de diffusion sur la toile d'une vidéo à caractère sexuel. Rien d'illégal de sa part et des procédés crapuleux dans le chef des auteurs de la diffusion, c'est clair. Chacun ayant droit au respect ...

Le Vif/l'Express du 20 février commente le retrait de la candidature à la mairie de Paris de Benjamin Griveaux, empêtré dans une affaire de diffusion sur la toile d'une vidéo à caractère sexuel. Rien d'illégal de sa part et des procédés crapuleux dans le chef des auteurs de la diffusion, c'est clair. Chacun ayant droit au respect de sa vie privée. Et il est court de dire : " Il aurait dû être prudent ". Soit. Mais au-delà de ces bonnes intentions, deux choses. Primo. Nous savons tous qu'une image ou une phrase peut devenir un symbole destructeur : le yacht, le Fouquet's, le " casse-toi, pauv'con " de Sarkozy, le petit motocycliste amoureux et casqué Hollande et le " Du travail, il suffit de traverser la rue pour en trouver ! " de Macron sont indélébiles. Secundo. Pour Griveaux, nous ne retenons que sa petite gaudriole et la vague d'indignation. Mais un homme politique de cette envergure, prince de la Macronie et éventuel futur maire de Paris, ne devrait-il pas savoir qu'en plus des fouilleurs de poubelles, il existe dans tous les grands pays du monde des services de renseignement qui, entre autres, raffolent de ce genre de potins et d'images croustillantes pouvant mener à des jeux d'influence ? Nous n'en sommes plus à ces hommes politiques de la guerre froide recrutés par l'adversaire sous la menace de la révélation, par exemple, de leur homosexualité et trahissant leur pays, certes. Mais il reste des zones d'ombre qui parfois peuvent faire plier les meilleurs. Malgré le droit fondamental à une vie privée, le simple réalisme ne doit-il pas faire voir ce qui est plutôt que ce qui devrait être et donc mener à la plus stricte prudence ?