A la naissance de son 4e enfant, Nicole a décidé d'arrêter son travail d'aide-familiale et de garder son bébé, ainsi que cinq autres enfants. Les premiers arrivent dès 7 h 30 et le dernier repart après 19 heures. Plus de douze heures par jour pour une rémunération de 30 000 à 35 000 francs, les bons mois! "Je suis payée 547 francs par enfant et par jour de présence. Un seul vient à plein temps. Je ne suis pas payée quand l'enfant est malade ou pris en charge par quelqu'un d'autre." Nicole...

A la naissance de son 4e enfant, Nicole a décidé d'arrêter son travail d'aide-familiale et de garder son bébé, ainsi que cinq autres enfants. Les premiers arrivent dès 7 h 30 et le dernier repart après 19 heures. Plus de douze heures par jour pour une rémunération de 30 000 à 35 000 francs, les bons mois! "Je suis payée 547 francs par enfant et par jour de présence. Un seul vient à plein temps. Je ne suis pas payée quand l'enfant est malade ou pris en charge par quelqu'un d'autre." Nicole n'est pas non plus rémunérée lorsqu'elle est en incapacité de travail, en formation continue ou en vacances. Aux yeux du fisc, elle entre dans la catégorie des "bénévoles", à charge de leur mari, indemnisées pour leurs frais (repas préparés pour les bébés, jouets mis à leur disposition...).En 1999, en Wallonie et à Bruxelles, 3 728 gardiennes, encadrées par une crèche, une maison communale d'accueil de l'enfance ou un autre service agréé par l'Office de la naissance et de l'enfance (ONE), ont accueilli 9 321 bébés, selon la Fédération des associations de gardiennes d'enfants (Fedage). "Ce système s'est développé dans les années 70, rappelle Régine Piron-Gaussin, présidente de la Fedage. Depuis, les exigences en matière d'infrastructures et de qualifications des gardiennes n'ont fait qu'augmenter. Sans que, pour autant, un statut social leur ait été octroyé. Dans ces conditions, de plus en plus de gardiennes cessent leurs activités. Or les besoins en matière de garde d'enfants demeurent criants." Le gouvernement en est conscient. Frank Vandenbroucke, ministre SP des Affaires sociales, et Laurette Onkelinx, ministre PS de l'Emploi, ont été chargés de négocier, avec les Communautés, le financement d'un statut spécifique. Avec quelles chances de succès? Moyennant le versement de cotisations sociales de l'ordre de 2 700 francs par mois, les gardiennes auraient droit à une protection sociale propre: une pension, des allocations familiales, des soins de santé, des indemnités pour incapacité de travail, et de remplacement, pour inoccupation partielle ou temporaire. En principe, les Communautés, compétentes en matière d'accueil de l'enfance, devraient, de leur côté, prendre à leur charge les cotisations patronales. Mais, vu sa situation financière, le gouvernement francophone a déjà demandé une exonération de ses charges, au moins jusqu'à 2004. Enfin, la Fedage a dénoncé ce qu'elle considérait comme un "statut hybride", puisqu'il n'octroierait, notamment, pas de congés payés.D.K.