Rachel et Hiko comptent à peine 173 habitants à elles deux. Entourées de paysages arides et de routes poussiéreuses qui semblent s'étirer à l'infini, ces deux bourgades n'ont rien d'exceptionnel si ce n'est qu'elles se trouvent à proximité d'une base très secrète de l'US Air Force, mieux connue sous le nom de Zone 51.
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Rachel et Hiko comptent à peine 173 habitants à elles deux. Entourées de paysages arides et de routes poussiéreuses qui semblent s'étirer à l'infini, ces deux bourgades n'ont rien d'exceptionnel si ce n'est qu'elles se trouvent à proximité d'une base très secrète de l'US Air Force, mieux connue sous le nom de Zone 51.Une mystérieuse zone d'essai militaire qui depuis des décennies alimente les fantasmes et les théories du complot les plus dingues. Au point de devenir un véritable lieu de pèlerinage pour les théoriciens de la conspiration extraterrestre puisqu'on y aurait vu des ovnis. Située près de Groom Lake, la base a été établie dans les années 1950 en vue d'effectuer des essais de l'avion-espion américain Lockheed U-2. Mais selon Glenn Campbell, un expert de la zone 51, ce n'est que dans les années 1980 que le lieu a été associé publiquement aux extraterrestres et aux OVNIS. Soit depuis que le physicien Bob Lazar a révélé sur une chaîne de télévision qu'il avait été embauché pour disséquer l'ingénierie d'un engin spatial extraterrestre près de la zone 51. Comme la base est une installation militaire classée top secret et que personne ne sait ce qui s'y passe, le mystère ne fera que nourrir les suspicions. "La base reste un trou noir dans lequel personne ne peut entrer. Elle est donc devenue une sorte de test de Rorschach pour tout ce que l'on veut croire", dit encore Campbell à la BBC. La quiétude désolée des lieux pourrait néanmoins être bientôt sérieusement perturbée par deux évènements, Alienstock et Storm Area 51 Basecamp. Tout commence en juin, lorsque Matty Roberts, un étudiant californien de 20 ans, poste un évènement sur Facebook avec pour intitulé Alienstock. "Envahissons la zone 51, ils ne peuvent pas tous nous arrêter". Le plan, comme son nom l'indique, consistait à faire rentrer dans la base suffisamment de personnes que pour contourner la sécurité. "Une fois sur place, on pourrait enfin découvrir les supposés secrets qui se cacheraient à l'intérieur." Ce qui n'était il y a quatre mois qu'une simple plaisanterie sur Facebook est vite devenu viral. L'idée va en effet séduire de nombreuses personnes dans le monde au point qu'aujourd'hui plus de 3,5 millions de personnes ont manifesté leur intérêt à assister à l'évènement prévu pour le 20 septembre. Cela ne veut bien entendu pas dire qu'il y aura effectivement autant de personnes sur place. Mais il risque potentiellement d'y avoir tout de même beaucoup de monde. Si personne ne sait avec certitude combien de personnes seront présentes, on annonce tout de même des chiffres se situant entre 5 000 et 50 000 personnes. Un engouement qui fait craindre à un drame humanitaire, tant cela pose un défi majeur pour les forces de l'ordre et les infrastructures locales dans cet endroit où il n'y a littéralement rien pour les accueillir. Selon le shérif du comté de Lincoln, Kerry Lee, interviewé par la BBC même si seulement 1% des invités de Facebook se présentaient, ce serait " plus que ce que nous pouvons gérer ". Normalement, ils ne sont en effet que 26 officiers pour l'ensemble du comté qui s'étale sur 27 000 km carrés. Lee précise tout de même, qu'à titre préventif, 150 officiers et 300 ambulanciers paramédicaux supplémentaires ont été réquisitionnés. A l'US Air Force aussi on prend la menace au sérieux puisque Laura McAndrews, porte-parole de l'armée de l'air, s'est fendue d'un communiqué. Elle rappelle que "toute tentative d'accès illégal à des installations militaires ou à des zones d'entraînement militaire est dangereuse" et que les personnes risquent une amende de minimum 1.000 dollars. Matty Roberts a également eu droit à la visite du FBI. Roberts a d'ailleurs pris ses distances cette semaine avec l'évènement. "En raison du manque d'infrastructure, d'une mauvaise planification, d'une mauvaise gestion des risques et d'un mépris flagrant pour la sécurité des plus de 10 000 participants attendus, nous avons décidé de mettre un terme au festival", peut-on lire sur le site Web d'Alienstock. Seule Connie West, propriétaire du Little A'Le'Inn, lieux où l'Alienstock devrait avoir lieu, dit qu'il est maintenu, avec tout de même quelques regrets. "Quoi qu'il arrive, je ne peux rien faire pour l'arrêter " avoue-t-elle en larmes à la BBC. On notera que les organisateurs du deuxième évènement, Storm Area 51 Basecamp, un rassemblement de deux jours de "croyants", d'experts en OVNI et de musiciens au Alien Research Center à Hiko, semblent plus optimistes. Keith Wright, un des organisateurs, a ainsi déclaré à la BBC qu'ils ont une capacité pour accueillir environ 5 000 personnes. Par contre, si les participants dépassent les dizaines de milliers, "il n'y a aucune chance que l'infrastructure existante puisse les prendre en charge ". En gros, ces personnes seront, elles aussi, abandonnées à leur sort.