Premier pays frappé par l'épidémie, la Chine est quasi-muette sur cette visite ultra-sensible politiquement pour Pékin, accusé d'avoir tardé à réagir face aux premiers cas de Covid.

L'emploi du temps précis des experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) reste ainsi opaque: leurs messages sur les réseaux sociaux ainsi que ceux de l'OMS constituent les rares sources d'information.

Sortis jeudi de 14 jours de quarantaine, les enquêteurs se sont rendus dans la matinée, sous bonne escorte et à l'écart de la presse, à l'hôpital Jinyintan de Wuhan, a constaté l'AFP.

Cet établissement est le premier à avoir accueilli des patients atteints de ce qui n'était alors qu'un mystérieux virus, dans la ville où la pandémie de coronavirus a démarré fin 2019.

La visite a été une "occasion importante pour parler directement avec les médecins qui étaient sur le terrain à ce moment critique de la lutte contre le COVID!", a tweeté Peter Daszak, un des membres de la délégation.

Un fort doute subsiste toutefois sur l'intérêt des éléments que les enquêteurs seront en mesure de réunir, plus d'un an après le début de la pandémie et face à des autorités chinoises connues pour leur opacité sur les sujets polémiques.

- 'Agenda très très chargé' -

Entaché par une gestion controversée durant les premières semaines de l'épidémie, le pouvoir communiste a ainsi lancé à Wuhan une immense exposition pour redorer son image et célébrer la victoire revendiquée de la Chine face au coronavirus.

Une partie de la délégation de l'OMS s'est rendue dans l'après-midi sur le site.

D'immenses portraits du président Xi Jinping dominent l'ensemble, tandis que des panneaux plus petits rendent hommage aux soignants qui ont succombé au virus, au milieu de mannequins en combinaison intégrale et de slogans à la gloire du Parti communiste chinois.

L'Organisation mondiale de la santé a tenté vendredi de tempérer les attentes autour de cette mission.

"Je voudrais mettre tout le monde en garde: le succès dans une enquête sur une transmission de l'animal à l'homme ne se mesure pas forcément à trouver absolument une source lors de la première mission", a déclaré devant la presse Michael Ryan, le directeur des opérations d'urgence à l'OMS.

En dépit d'un "agenda très très chargé" de l'équipe d'experts à Wuhan, M. Ryan est resté vague sur leur programme.

Il a toutefois évoqué des visites notamment à l'Institut de virologie de Wuhan et sur un marché de la ville, où des animaux exotiques étaient vendus vivants et où le virus a pu se transmettre à l'homme.

L'administration Trump avait évoqué l'hypothèse que le virus du Covid-19 ait pu s'échapper de l'institut de virologie en contaminant des chercheurs.

Le mort emblématique du Covid-19 reste inconnu

L'image était devenue le symbole du chaos qui régnait à Wuhan aux prises avec le coronavirus: le corps d'un homme gisant plusieurs heures sur un trottoir avant d'être emporté par des secours nerveux et débordés.

La scène, capturée il y a pile un an par l'AFP, s'était produite à proximité d'un hôpital de la métropole chinoise à l'épicentre de l'épidémie. Et si la cause du décès n'a jamais pu être établie, cet inconnu étendu sur le dos est néanmoins devenu à l'étranger le symbole d'une ville submergée par un mystérieux virus tueur. A Wuhan, depuis remise du Covid-19, ce décès, parmi des milliers d'autres, reste au contraire totalement méconnu. Y compris dans la rue où l'homme aux cheveux gris, qui portait un masque, a rendu son dernier souffle.

Il s'agit "certainement d'une rumeur ou d'un mensonge de médias étrangers", assure Yuan Shaohua, dont le magasin de fruits, situé à quelques dizaines de mètres des lieux du décès, était pourtant l'un des rares établissements du quartier ouverts ce jour-là, en plein confinement.M. Yuan affirme "ne pas être au courant" du fait divers survenu au pied d'un immeuble typique des années 1990, dont le rez-de-chaussée est occupé par des commerces de proximité.

Dans une ville fantôme placée en quarantaine depuis une semaine, "les gens n'osaient pas sortir" de chez eux, se souvient l'homme de 46 ans, casquette blanche sur la tête.

A l'époque, les rares passants préféraient ignorer le cadavre, évitant de s'en approcher par peur du virus.

En Chine, la photo du "mort de Wuhan" a circulé sur les réseaux sociaux mais l'immense majorité des médias a passé l'affaire sous silence.

Quelques jours plus tard, de rares articles - sans la photo - de la presse officielle ont évoqué les faits en donnant la parole à la soi-disant famille du défunt, un certain "M. Xie". La famille citée assurait qu'il n'était pas malade du Covid et appelait "à respecter (son) intimité". L'âge de la victime n'était pas précisé.

Son décès était survenu à quelques dizaines de mètres de l'Hôpital Numéro 6 de Wuhan... établissement qui accueillait alors des malades du coronavirus.

Et dans le contexte de l'épidémie, les secours et la police avaient pris à l'époque des précautions extrêmes avec la dépouille: le défunt était resté plus de deux heures sur le trottoir, avant d'être emporté par du personnel en combinaison intégrale.

Ce jour-là, au moins 15 ambulances, qui répondaient à d'autres appels, étaient passées à proximité sans s'arrêter.

A l'époque, comme un an plus tard, ni l'hôpital ni les autorités locales n'ont donné suite à une demande d'information sur l'identité de la victime et les causes de sa mort. Ce rappel au drame d'il y a un an cadre mal avec le récit imposé par le régime communiste, qui tente de faire oublier le chaos des premières semaines de l'épidémie. Pékin insiste désormais sur la quasi éradication du virus sur le sol national, en contraste avec la situation dans le reste du monde.

Premier pays frappé par l'épidémie, la Chine est quasi-muette sur cette visite ultra-sensible politiquement pour Pékin, accusé d'avoir tardé à réagir face aux premiers cas de Covid.L'emploi du temps précis des experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) reste ainsi opaque: leurs messages sur les réseaux sociaux ainsi que ceux de l'OMS constituent les rares sources d'information.Sortis jeudi de 14 jours de quarantaine, les enquêteurs se sont rendus dans la matinée, sous bonne escorte et à l'écart de la presse, à l'hôpital Jinyintan de Wuhan, a constaté l'AFP.Cet établissement est le premier à avoir accueilli des patients atteints de ce qui n'était alors qu'un mystérieux virus, dans la ville où la pandémie de coronavirus a démarré fin 2019.La visite a été une "occasion importante pour parler directement avec les médecins qui étaient sur le terrain à ce moment critique de la lutte contre le COVID!", a tweeté Peter Daszak, un des membres de la délégation.Un fort doute subsiste toutefois sur l'intérêt des éléments que les enquêteurs seront en mesure de réunir, plus d'un an après le début de la pandémie et face à des autorités chinoises connues pour leur opacité sur les sujets polémiques.Entaché par une gestion controversée durant les premières semaines de l'épidémie, le pouvoir communiste a ainsi lancé à Wuhan une immense exposition pour redorer son image et célébrer la victoire revendiquée de la Chine face au coronavirus.Une partie de la délégation de l'OMS s'est rendue dans l'après-midi sur le site.D'immenses portraits du président Xi Jinping dominent l'ensemble, tandis que des panneaux plus petits rendent hommage aux soignants qui ont succombé au virus, au milieu de mannequins en combinaison intégrale et de slogans à la gloire du Parti communiste chinois.L'Organisation mondiale de la santé a tenté vendredi de tempérer les attentes autour de cette mission. "Je voudrais mettre tout le monde en garde: le succès dans une enquête sur une transmission de l'animal à l'homme ne se mesure pas forcément à trouver absolument une source lors de la première mission", a déclaré devant la presse Michael Ryan, le directeur des opérations d'urgence à l'OMS.En dépit d'un "agenda très très chargé" de l'équipe d'experts à Wuhan, M. Ryan est resté vague sur leur programme.Il a toutefois évoqué des visites notamment à l'Institut de virologie de Wuhan et sur un marché de la ville, où des animaux exotiques étaient vendus vivants et où le virus a pu se transmettre à l'homme.L'administration Trump avait évoqué l'hypothèse que le virus du Covid-19 ait pu s'échapper de l'institut de virologie en contaminant des chercheurs.L'image était devenue le symbole du chaos qui régnait à Wuhan aux prises avec le coronavirus: le corps d'un homme gisant plusieurs heures sur un trottoir avant d'être emporté par des secours nerveux et débordés.La scène, capturée il y a pile un an par l'AFP, s'était produite à proximité d'un hôpital de la métropole chinoise à l'épicentre de l'épidémie. Et si la cause du décès n'a jamais pu être établie, cet inconnu étendu sur le dos est néanmoins devenu à l'étranger le symbole d'une ville submergée par un mystérieux virus tueur. A Wuhan, depuis remise du Covid-19, ce décès, parmi des milliers d'autres, reste au contraire totalement méconnu. Y compris dans la rue où l'homme aux cheveux gris, qui portait un masque, a rendu son dernier souffle.Il s'agit "certainement d'une rumeur ou d'un mensonge de médias étrangers", assure Yuan Shaohua, dont le magasin de fruits, situé à quelques dizaines de mètres des lieux du décès, était pourtant l'un des rares établissements du quartier ouverts ce jour-là, en plein confinement.M. Yuan affirme "ne pas être au courant" du fait divers survenu au pied d'un immeuble typique des années 1990, dont le rez-de-chaussée est occupé par des commerces de proximité.Dans une ville fantôme placée en quarantaine depuis une semaine, "les gens n'osaient pas sortir" de chez eux, se souvient l'homme de 46 ans, casquette blanche sur la tête. A l'époque, les rares passants préféraient ignorer le cadavre, évitant de s'en approcher par peur du virus.En Chine, la photo du "mort de Wuhan" a circulé sur les réseaux sociaux mais l'immense majorité des médias a passé l'affaire sous silence.Quelques jours plus tard, de rares articles - sans la photo - de la presse officielle ont évoqué les faits en donnant la parole à la soi-disant famille du défunt, un certain "M. Xie". La famille citée assurait qu'il n'était pas malade du Covid et appelait "à respecter (son) intimité". L'âge de la victime n'était pas précisé. Son décès était survenu à quelques dizaines de mètres de l'Hôpital Numéro 6 de Wuhan... établissement qui accueillait alors des malades du coronavirus.Et dans le contexte de l'épidémie, les secours et la police avaient pris à l'époque des précautions extrêmes avec la dépouille: le défunt était resté plus de deux heures sur le trottoir, avant d'être emporté par du personnel en combinaison intégrale.Ce jour-là, au moins 15 ambulances, qui répondaient à d'autres appels, étaient passées à proximité sans s'arrêter.A l'époque, comme un an plus tard, ni l'hôpital ni les autorités locales n'ont donné suite à une demande d'information sur l'identité de la victime et les causes de sa mort. Ce rappel au drame d'il y a un an cadre mal avec le récit imposé par le régime communiste, qui tente de faire oublier le chaos des premières semaines de l'épidémie. Pékin insiste désormais sur la quasi éradication du virus sur le sol national, en contraste avec la situation dans le reste du monde.